Journal d'un catholique thibétain

XIV. Fouille et interrogatoire

Après notre arrivée au camp, l’officier birman ordonne de faire l’inspection minutieuse de tout ce que nous avons apporté. Il confisque le fusil et les munitions. Il nous demande ensuite de nous installer avec les soldats.

Le lendemain, on nous amène devant l’officier qui nous pose de nombreuses questions : « De quel pays êtes-vous citoyens ? Avez-vous encore vos parents ? Etes-vous mariés ? Avez-vous des enfants ? Pourquoi avez-vous fui jusqu’ici ? Pourquoi n’avez-vous pas pris avec vous vos femmes et vos enfants ? » Nous lui exposons les mauvais traitements imposés par les communistes. Nous lui décrivons les difficultés et les peines rencontrées en cours de route. Nous lui expliquons que, en de telles circonstances, nous ne pouvons pas emmener avec nous les femmes et les enfants.

L’interrogatoire terminé, ils délient nos liens et l’officier nous dit : « Retournez dans le camp et vivez en toute quiétude avec les soldats ! Je vais écrire une lettre à mes supérieurs. Lorsque j’aurai reçu la réponse, vous pourrez vivre parmi les gens d’ici sans être inquiétés. Je vous fournirai les outils de travail dont vous aurez besoin. »

Nous sommes très heureux de pouvoir vivre avec les soldats. En frayant avec eux, nous les connaissons de mieux en mieux et nous devenons comme des frères. Plus de problème de nourriture : nous mangeons à leur table. Nous vivons comme eux. Souvent ils essayent de nous réconforter.