DE LA RUE SANGLANTE AUX PRIERES DU MONT-JUPITER

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De la rue sanglante aux prières du Mont-Jupiter . . .  à  l'hospice!   Enfin, en 1925, la "Maison Neuve" est louée par les chanoines à un hôtelier.

Toute cette évolution ne va pas sans interpeller les Chanoines réguliers du Grand-Saint-Bernard sur leur avenir. Comment concilier ce nouveau et formidable brou-haha touristique avec l'adoration de Dieu et ce légendaire accueil fait "de gestes séculaires qui vous mettent non seulement en sécurité, mais en joie et vigueur" qui carac-térise leur ordre?

Depuis longtemps déjà, les Missions étrangères de Paris - nouy y reviendrons - ont implantés des postes missionnaires dans le Yunnan chinois, base avancée d'où ils espèrent un jour christianiser le Thibet central, qui leur reste interdit.

La région où ils se sont établis est une succession presque parallèle de chaînes de montagnes, s'élevant progressivement jusqu'aux quelques 6'000 mètres d'altitude du mont Kahoua Karpo. Ce chaos minéral est divisés par trois fleuves légendaires: le Fleuve Bleu, le Mékong et la Salouen, qui porte le nom de Lou-Kiang à sa sortie du Thibet et son entrée en Chine, dans le territoire des tribus thibéto-birmanes Loutse.

Au nord du 28° de latidude, les profondes et étroites vallées chinoises du Mékong et de la Salouen sont avant tout peuplées de Thibétains et de Mossos thibétanisés.

On n'y n'y trouve guère de cultures. Seules de rares oasis jettent une note de verdure dans un paysage désolé. Au sud du 28° de latitude, véritable frontière climatique, les pentes des montagnes qui bordent le Mékong et la Salouen sont couvertes de forêts ou ouvertes à une maigre agriculture. Là, les populations se mêlent et se métissent: Thibétains, Mosso, Lissous, Loutses, descendants de colons issus de diverses ethnies de l'Empire du Milieu.

Les Missions étrangères de Paris ont édifié une résidence à Weisi, . . . ou préfecture indépendante mineure située dans une vallée latérale du Mékong, et des postes missionnaires qui s'échelonnent tout au long de la vallée principale du fleuve jusqu'à l'intérieur même du Thibet, . . . 

dmc