CHRONOLOGIE HISTORIQUE, POLITIQUE ET RELIGIEUSE

Chronologie historique de la Chine politique et religieuse

Avant Jésus-Christ

Mort de Confucius en 479 av. J.-C.
L'empereur Qin Shihuang unifie la Chine en 221 av. J.-C. Premières mentions du bouddhisme en Chine en 65 av. J.-C.

VII-IXème siècle

Dynastie Tang (618-907). Capitale Chang'an, l'actuelle Xian.

Première entrée en Chine de la religion chrétienne en 636 avec le moine syrien nestorien Aloben.

Expulsion des missionnaires chrétiens en 645.

X -XVème siècle

Dynastie Song (960-1279). Capitale Kaifeng (nord), puis Hangzhou (sud).
Les premières missions franciscaines arrivent en 1245 à la cour des khans mongols.
Dynastie mongole des Yuans (1279-1321).
Voyage de Marco Polo.
Dynastie des Ming (1368-1644). Première capitale à Nankin puis, à partir de 1421, à Pékin.


XVI - XVIIème siècle

Fondation de la Compagnie de Jésus (1534).
Mort de saint François Xavier sur une île en face de la Chine près de Macao.
Occupation portugaise de Macao (1553).
Le jésuite Matteo Ricci arrive à Canton (1583). Dynastie Qing (1644-1911).
Règne de l'empereur Lang Xi.
Consécration du premier évêque chinois Grégoire Luo en 1685.
On comptabilise 250 églises en Chine en 1701.
Le pape Clément XI interdit les rites chinois en l'honneur de Confucius et des ancêtres (1704).
Edit de persécution de l'empereur Yong-Zheng en 1724.
Interdiction de prêcher sous peine de mort. Mathématiciens et astronomes jésuites s'installent à la cour de Pékin.
Règne de l'empereur Qian Long (1736-1795).
Le pape Benoît XIV confirme l'interdit sur les rites (1742).

XIXème siècle

En 1810 on compte près de 210 000 catholiques en Chine. Soulèvement de la secte bouddhiste du Lotus blanc (1803). Violences contre les missionnaires occidentaux.
1840 : Première guerre de l'Opium qui se termine en 1842 par le traité de Nankin. La Chine ouvre ses ports au commerce étranger. L'empire du Milieu cède « à perpétui¬té » l'île de Hong Kong à la Grande-Bretagne.
1850-1864 : Révolte des Taiping.
1856 : Seconde guerre de l'Opium qui se conclut par le traité de Tianjin.
1860 : Pillage et incendie du palais d'Eté par les troupes franco-britanniques.
Le mouvement antichrétien provoque des massacres dans tout le pays.
1887: Cession « à perpétuité » de Macao au Portugal.
1900 : Révolte des Boxers. Nouveaux massacres de prêtres, évêques et laïcs chinois.

 

XXème siècle

Arrivée en Chine de Vincent Lebbe, missionnaire belge. Il prône la sinisation de l'Eglise catholique et lance : « La Chine aux Chinois et les Chinois au Christ. »
1911 : Proclamation de la république. Abolition de l'Empire et de la dynastie mandchoue.
1912 : Création du parti nationaliste Kuomintang.
1919 : Mouvement du 4 mai défendant la « science et la démocratie ».
1921 : Fondation du Parti communiste chinois à Shanghai. 1926: Consécration à Rome des six premiers évêques chinois.
1927: Début de la guerre civile entre les troupes du Kuomintang et les communistes.
1931 : Invasion japonaise en Mandchourie.
1934-1935 : Pourchassés, les communistes entreprennent la « longue marche » de l'armée rouge.
1937: Guerre de résistance contre le Japon. Le Kuomintang et le parti communiste s'unissent contre le Japon.
1939 : Pie XII annule l'interdit sur les rites chinois. Etablissement de la hiérarchie catholique chinoise par le pape.
1943 : Les puissances occidentales abandonnent leurs conces¬sions en Chine.

1945 : Défaite du Japon et reprise de la guerre civile en Chine.

1946 : Mgr Riberi est nommé inter-nonce, ambassadeur du pape, en Chine.

1949 : Le 1er octobre, Mao Zedong proclame la création de la république populaire de Chine sur la place Tian'anmen à Pékin. Lancement du mouvement des Trois Autonomies chez les protestants puis chez les catholiques. La répression s'accentue contre les chrétiens.
1951 : Mgr Riberi est expulsé et s'installe à Taiwan.

1953 : Fin de la guerre de Corée. Armistice.
1955 : Rafle dans la nuit du 8 septembre à Shanghai et dans d'autres provinces. Mgr Kong Ping Mei, évêque de Shanghai, est arrêté avec plus de 40 prêtres, dont le père Jin Luxian, et 1 000 fidèles. Ils sont tous accusés de refuser d'adhérer au mouvement patriotique national.
1956 : Campagne politique des Cent Fleurs.
1957 : Le 15 juillet se forme officiellement l'Association patriotique des catholiques chinois à l'échelle nationale.
1958 : Nominations et consécrations d'évêques chinois sans l'accord de Rome.
Pie XII publie l'encyclique Ad apostoloum principis, condamnant l'Association patriotique et les élections illégales d'évêques chinois. La rupture entre le Saint-Siège et Pékin est consommée.
1966 : Révolution culturelle. Les gardes rouges renversent toutes les institutions chinoises. Répression de tous les chrétiens, fidèles au régime et fidèles à Rome. Toutes les églises sont fermées, comme tous les lieux de culte d'autres religions.
1967: A l'occasion de l'Epiphanie, le pape Paul VI envoie un message de soutien au peuple de Chine.
1971 : La Chine est admise aux Nations unies le 25 octobre. Une première messe est célébrée en l'église de Nantang à Pékin depuis 1966, mais seulement pour les étrangers. Nantang sera la seule église ouverte en Chine jusqu'en 1978.
1974: Ouverture d'un centre d'étude de la Chine à Rome. 1976 : Mort de Mao Zedong le 9 septembre.
1977 : XIe congrès du Parti communiste chinois en août. Hua Guofeng au pouvoir et retour progressif de Deng Xiaoping aux commandes.
1978 : Au début de l'année, 16 représentants des religions autorisées en Chine participent à la Conférence consultative politique du peuple chinois. Début d'une reconnais¬sance officielle.
La même année, réouverture d'églises et de temples en même temps que plusieurs libérations de prêtres chinois prisonniers.
1979: Election de Mgr Fu Tieshan comme évêque de Pékin. Libération de nombreux prêtres réhabilités après avoir passé des années en prison ou en camp.
Le pape Paul VI exprime l'expoir de renouer le dialogue avec l'Eglise de Chine.
1980 : Signe d'une nouvelle ère, ouverture de centres catholiques d'étude et de communication avec la Chine à Hong Kong et Singapour.
Premier voyage d'un émissaire du Vatican, le cardinal français Roger Etchegaray, archevêque de Marseille, afin de renouer le contact avec la Chine. Il retournera en Chine en 1993, 2000 et 2003.
A la fin du mois de mai, troisième assemblée de l'Association patriotique des catholiques de Chine, suivie le mois sui¬vant de la création d'une Commission administrative des affaires religieuses et d'une Conférence épiscopale.

1981 : Nomination par Jean-Paul II de Mgr Tang comme archevêque de Canton. Violentes protestations de l'Association patriotique.
1982 : La nouvelle Constitution chinoise est adoptée en décembre et reformule les conditions précises de la pratique religieuse en Chine.
Création de la première zone économique spéciale de Chine
à Shenzhen, de l'autre côté de la frontière de Hong Kong. Le 11 octobre, ouverture du grand séminaire de Shanghai que dirigera Mgr Jin.
1983: Création de centres catholiques d'étude, d'information et de rencontre à Paris, Louvain et en Amérique. Ouverture du grand séminaire national de Pékin. Jusqu'en 1986 s'ouvrent de grands séminaires régionaux avec plus de 600 étudiants ; rassemblements de communautés de religieuses avec noviciats.
1984 : Visite en Chine du cardinal Sin des Philippines et d'autres évêques d'Asie.
1987 : Taiwan ouvre ses frontières à ses ressortissants et leur permet d'effectuer leur premier voyage sur le continent.
1989 : Manifestations d'étudiants à Pékin, du mois d'avril jusqu'au massacre du 4 juin sur la place Tian'anmen.
Le secrétaire général du Parti communiste chinois, Zhao Ziyang, est écarté et remplacé par Jiang Zemin.
En novembre de la même année, une Conférence épiscopale unie au Saint-Siège (catholiques clandestins) est créée.
1990 : Une campagne de répression s'abat sur les catholiques souterrains dans toute la Chine. Arrestations et emprison¬nement de dizaines de prêtres, évêques et laïcs clandestins.
1991 : Au mois de mai, le pape Jean-Paul II annonce l'élévation de Mgr Kong Ping Mei au rang de cardinal (in pectore depuis 1979). Libéré en 1985 mais toujours en résidence surveillée, Mgr Kong a pu se rendre aux Etats-Unis pour se faire soigner.
1992: Mort de Mgr Fan Xueyuan, évêque clandestin de Baoding (province du Hebei).
1993 : Le pape Jean-Paul II exprime un désir profond de visiter la Chine. La Chine et le Vatican reconnaissent que des négociations ont eu lieu entre eux.
L'année 1993 aura vu une certaine détente dans les milieux religieux en Chine avec la libération de nombreux prêtres.
1994 : L'Eglise souterraine de plus en plus organisée demande à être intégrée au sein de la Fédération des conférences des évêques d'Asie.
En juillet, plusieurs sources clandestines annoncent l'ordina¬tion de 71 séminaristes depuis le début de l'année.
Plus de 50 jeunes séminaristes sont envoyés à l'étranger afin de poursuivre leurs études (Etats-Unis, France, Belgique, Allemagne, Philippines).
1997 : Mort de Deng Xiaoping le 19 février.   Rétrocession de la colonie britannique de Hong Kong à la Chine le ter juillet.
1998 : Visite de Bill Clinton en Chine, la première d'un chef d'Etat américain depuis le 4 juin 1989.
1999 : Le 25 avril, 10 000 membres de la secte d'inspiration bouddhiste Falungong entourent Zhongnanhai, le siège du pouvoir à Pékin. Le Faloungong est interdit trois mois plus tard.  Rétrocession de Macao à la Chine en décembre.
2000: Canonisation par Jean-Paul II de 120 martyrs de Chine, occidentaux et chinois, le ler octobre, jour de la fête nationale chinoise. Cet acte est considéré comme une provocation de la part de Pékin qui demande des excuses officielles à Jean-Paul II. Le Vatican a parlé d'une « erreur de communication » dans cette affaire.

Mort de Mgr Kong Ping Mei aux Etats-Unis.
2001 : Ordination d'évêques par Pékin, sans l'aval du Saint- Siège. Demande de pardon de Jean-Paul II pour les erreurs commises par l'Eglise catholique en Chine.
Le 24 octobre, à l'occasion de la commération de l'arrivée du jésuite Matteo Ricci en Chine, Jean-Paul II « supplie » la Chine de reprendre un dialogue afin d'établir des relations diplomatiques avec le Saint-Siège.
La Chine adhère à l'Organisation mondiale du commerce (0MC) en novembre.
2002: Taiwan et le Saint-Siège commémorent le soixantième anniversaire de l'établissement de leurs relations diplomatiques.
Décès du cardinal John Baptist Wu, archevêque de Hong Kong. Le Vatican envoie à ses funérailles le cardinal Sepe, numéro trois de la hiérarchie vaticane. C'est le premier déplacement officiel d'un haut dirigeant du clergé catholique sur le sol chinois depuis la rupture avec Pékin en 1958.
2003 : Hu Jintao succède à Jiang Zemin, président de la République depuis 1993. Wen Jiabao devient le Premier ministre.
2005: Décès du pape Jean-Paul II le samedi 2 avril à Rome.
La conférence des évêques « officiels » et l'Association patriotique ont envoyé leurs condoléances à Rome de manière conjointe.
L'élection de Benoît XVI le 19 avril sur le siège de Pierre a été soulignée en Chine par des messages de félicitations de la part du gouvernement et des structures officielles de l'Eglise.
Pékin réitère cependant ses demandes au Vatican afin de normaliser ses relations diplomatiques : renoncement à la reconnaissance de Taiwan et non-ingérence dans les affaires religieuses internes chinoises, plus précisément en ce qui concerne la nomination des évêques.
Mgr Jin Luxian, évêque de Shanghai, estime que les chances d'amélioration des relations entre Rome et Pékin restent « les mêmes aujourd'hui qu'hier ».
Le pape Benoît XVI prononce le 12 mai un discours devant le corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège et exprime le souhait que les nations qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques avec le Saint-Siège soient « représentées au plus tôt ». Proche collaborateur de Jean- Paul II pendant des années, Benoît XVI « rêve » lui aussi d'accomplir le désir du défunt pape de se rendre en Chine.
Le 8 septembre, Benoît XVI invite personnellement au synode à Rome, du 2 au 23 octobre, quatre évêques chinois du continent. Pékin invoque l'absence de liens diploma¬tiques entre les deux Etats pour justifier son refus de lais¬ser sortir les évêques de Chine.
2006 : Des rumeurs de plus en plus insistantes font état de négociations secrètes entre le Saint-Siège et Pékin afin de renouer les relations diplomatiques.

dmc   extrait tiré de l'annexe du livre "Le pape jaune - Mgr Jin Luxian, soldat de Dieu en Chine communiste"de Dorian Malovic - éditions Perrin 2006

 

Monseigneur Jin Luxian avec le prévôt honoraire Benoît Barthélemy Vouilloz

MGR JIN LUXIAN ET LE PREVOT VOUILLOZ BENOIT 1994