ET DEMAIN . . . par Angelin LOVEY

Et demain?

Qui peut savoir ce que nous réserve demain? Il serait donc sage de dire: demain se souciera de demain !...

On nous demande: avez-vous l'intention de poursuivre la Cause jusqu'à la canonisation? — Pourquoi pas? Mais ça dépendra de multiples facteurs, avant tout de l'impact de la béatification sur le comportement et la dévotion des fidèles.

Il est indéniable que cet événement a mobilisé et sensibilisé beaucoup de monde, tant pour le prépa¬rer que pour le vivre: cela ne peut pas ne pas laisser de traces.
Je pense aux personnes qui ont travaillé, l'espoir au coeur, durant quarante ans, pour la réalisation de cette Cause. Mortes ou encore sur terre, elles ont certainement éprouvé un très fort sentiment de satisfaction et de reconnaissance.

Je pense aux écrivains qui ont contribué à faire connaître le Père Tornay: Robert Loup, Maurice Zermatten, Claire Marquis-Oggier et Jacques Darbellay, qui ont scruté cette vie hors du commun et en ont tiré des ouvrages remarquables. Tant les originaux que leurs traduc¬tions en différentes langues étran¬gères ont eu un impact certain et durable sur l'opinion et la menta¬lité des gens.

Je pense aux articles innombra¬bles parus dans notre revue mis¬sionnaire, dans les journaux, les illustrés et les périodiques. chez nous et à l'étranger, aux interviews et reportages à la radio et à la TV.

Je pense à la dévotion et à la générosité des fidèles qui nous ont permis de faire face aux frais de tous genres, hier et aujourd'hui.

Tout cela montre que le Bienheureux Maurice Tornay jouit de la faveur du public. qu'il a eu et a encore un véritable impact sur le peuple chrétien de chez nous et d'ailleurs, également.

Normalement, cet impact devrait aller croissant, la béatification n'étant pas un point d'arrivée défi¬nitif. mais une étape où l'on re¬prend souffle pour la suivante. Un martyr, donné officiellement en exemple au peuple chrétien, devrait produire, non seulement un ac¬croissement de dévotion à son égard, mais encore un vif désir d'imiter ses vertus, son courage, son abnégation, son amour héroïque de Dieu et du prochain. Cette béatification nous pose bien des questions et demande de nous un vrai examen de conscience: suis-je dans la voie droite? Sinon, suis-je prêt à y revenir, quoiqu'il puisse m'en coûter? Aimé-je Dieu et mon prochain autant que je le pourrais? Autant que je le devrais? Les saints nous dérangent, c'est vrai, mais c'est pour notre bien véritable, éter-nel, impérissable!

Autre facteur: les grâces, les fa¬veurs et, pourquoi pas, les miracles nécessaires pour une canonisation Les miracles dépendent-ils de nous? Assurément, cela ressort clairement de l'Évangile. Très sou¬vent, à ceux qui imploraient de Lui une guérison ou une autre faveur, Jésus demandait: «Croyez-vous que je puisse faire cela? — Oui, Sei¬gneur! — Alors Jésus les guérissait» (Mt 9, 28).

Un confrère, qu'on aimait taquiner en lui disant qu'il faisait des miracles, répondait avec un charmant sourire: «Je ne fais pas des miracles, mais j'en obtiens.» Il en obtenait par sa foi et ses prières. Imitons-le!

LOVEY  ANGELIN  MAURICE  crsb   ex-missionaire et prévôt émérite

dmc