PRINCIPES DES FRERES MUSULMANS

En 1928, quatre ans après la suppression du califat par Mustapha Kemal, un instituteur d'Ismaïlia, Hassan al Banne, fonde en Égypte

la confrérie des Frères Musulmans. Celle-ci prône le tawhid, l'unité de Dieu, et refuse — contre les tendances laïques qui commencent à s'affirmer dans l'espace musulman, en Turquie et en Perse notamment — de séparer le religieux du politique. Hassan al Banna appelle en effet de ses voeux l'établissement d'une théocratie.

Cinq principes simples fondent la doctrine de la confrérie : Dieu est notre but, le Prophète notre modèle, le Coran notre loi, le Djihad notre vie, le martyre notre vœu ».

Les frères réclament la restauration du califat, seul pouvoir légitime à leurs yeux, considèrent que leur seule patrie est le Dar al Islam et rejettent donc à l'avance les États-nations à prétention laïque nés ultérieurement à la décolonisation. Ils entendent par ailleurs imposer aux non-musulmans le statut traditionnel des dhimmis. Le mouvement est dissous en 1949 et son fondateur assassiné la même année mais il contribue ensuite au succès des officiers libres » avant que ceux-ci — notamment Nasser, champion du nationalisme panarabe — ne se retournent contre lui. Le nouveau leader des Frères Musulmans, Sayed Qotb, sera exécuté en 1954.