MARIE-MADELEINE (1)

Qui es-tu, Madeleine ? Ton pas rapide court vers le tombeau "de grand matin", nous dit saint Jean. Retiens-tu ton souffle devant la pierre roulée ? Laisses-tu échapper un soupir d'effroi ou de bonheur en découvrant Jésus, mort et pourtant bien vivant devant toi ? Ta chevelure, tes yeux mouillés de larmes, tes parfums...

Ces détails que l'Évangile nous livre de toi, comme autant de signes charnels et pourtant spirituels, fascinent depuis des siècles. Et, à l'image de ta main tendue vers le Ressuscité, si proche et en même temps trop loin pour l'effleurer, ton mystère demeure entier. Apôtre ou pécheresse, prostituée ou mystique, amie ? amante ? Femme.
Que dis-tu, Madeleine ?

Ton nom bruisse de tous les fantasmes, toutes les constructions qui en disent surtout long sur les époques où elles se déploient. Seul subsiste un fait incontestable : au « grand matin » de Pâques, tes pieds foulent le sol près de l'endroit où le corps de ton bien-aimé a été déposé, et dans cette audace, dans cette fidélité par-delà la croix surgit le coeur de toute foi chrétienne. Pour répandre la bienheureuse rumeur de sa résurrection, Dieu choisit une femme comme premier et éternel témoin. Où vas-tu, Madeleine ? Ta figure nous échappe, nous étonne, nous saisit. Comme nous essayons de retracer les contours de ton visage, voilà que tu te dérobes encore un peu. ( . . . ). Mais peut-être es-tu toutes ces femmes-là, toutes les femmes qui, dans l'histoire humaine, disent et montrent encore la miséricorde du Christ.

Qui es-tu, Madeleine ? Dans la lumière de Pâques, laisse-nous entrevoir un peu de ton visage, révélé par la clarté de celui que ton coeur aime.

AYMERIC CHRISTENSEN, rédacteur en chef de la VIE N°3787

Elle fut Le premier témoin de la Résurrection, mais reste pour nous un mystère. cf 2 + 3 + 4