ORDINATION DE JOHANNES

Ordination de l'archiduc Johannes d'Autriche   «Le vrai noble,

c'est Jésus»

Près de deux mille personnes ont pris place sous le chapiteau blanc dressé sur le champ des Martyrs de Vérolliez. Au départ, la célébration devait avoir lieu à la basilique de Saint-Maurice toute proche, mais au fil de l'organisation, elle s'est vite avérée trop petite. Un temps radieux règne aujourd'hui sur le Valais suisse et ce lieu chargé d'histoire de la chrétienté.

Là même où en l'an 289, la légion thébaine enrôlée de force par les Romains et envoyée en Gaule pour mater les rebelles aurait été massacrée sur ordre de l'empereur Maximien. Dix-sept siècles plus tard, Vérolliez accueille l'ordination sacerdotale de Didier Berthod et Johannes de Habsbourg par monseigneur Dominique Rey entouré de cent vingt prêtres. Il revient à l'évêque de Fréjus-Toulon d'officier, car c'est de lui que répond la Fraternité Eucharistein dont dépendent les deux futurs prêtres. « Il y a douze ans, j'ai rejoint cette communauté catholique fondée par le père Nicolas Buttet, dont les membres vivent du travail de leurs mains et de dons, et accueillent des personnes marquées par les épreuves.

En bon intello,  Jeune homme, l'arrière-petit-fils
 du dernier empereur d'Autriche Charles Ier se destinait à une brillante carrière de financier. À 37 ans,
 il mène au sein de la Fraternité Eucharistein une existence aux côtés des plus démunis, et vient d'être ordonné prêtre dans le Valais suisse.

J'aurai pu choisir les Dominicains, mais le Seigneur m'a conduit là», témoigne Johannes de son regard rieur, intensément bleu glacier. Fils de l'archiduc et de l'archiduchesse Rudolf d'Autriche, il est le second d'une famille de huit enfants et l'arrière-petit-fils de l'empereur Charles Ier et de l'impératrice Zita. « Je me souviens de la présence de "Uhr Gross Mama", comme nous appelions notre arrière-grand-mère, lorsque nous allions la voir dans sa retraite de Zizers, témoigne le jeune homme de 37 ans. J'avais 8 ans quand elle est morte. Adolescent, j'ai découvert en lisant sa biographie et celle de l'empereur Charles qu'ils étaient loin de tout le rêve qui entoure généralement les souverains. Ils avaient dédié leur vie aux pauvres. Leur sainteté m'a touché, c'est la noblesse du cœur. Le vrai noble, c'est Jésus. »

À l'époque, pas question pour autant de suivre leur exemple puisque Johannes opte pour des études de finances à Saint-Gall en Suisse, l'une des meilleures universités au monde, avant d'entrer à la banque JP Morgan à Paris. La voie royale...
« Et pourtant je ressentais un grand
 vide. J'avais des amis, le beau
monde, les voyages mais je ne com-prenais pas pourquoi je me sentais
 si seul. Mes parents m'ont conseillé
de m'inscrire à Philanthropos (Fribourg - Suisse) et 
au cours d'une eucharistie, j'ai eu 
soudain la certitude que Jésus était 
tout pour moi.»

Quant à Didier
 Berthod, 37 ans également, un
enfant du pays, il a été champion 
d'escalade avant d'entrer lui aussi dans la Fraternité Eucharistein en 2007. Entourés de
120 prêtres, de leurs famille et amis, Didier Berthod
 et Johannes de Habsbourg ont été ordonnés prêtres
 le 16 juin. Depuis onze ans, Johannes, le fils de l'archiduc et de l'archiduchesse Rudolf d'Autriche,
est membre
 de la Fraternité Eucharistein, un mouvement catholique fondé en Suisse par le père Nicolas Buttet. Il vit en Haute-Savoie (Saint Jeoire) dans l'une des quatre «maisons» qui reçoivent
 des «accueillis» cabossés par la vie afin de les aider à retrouver leur dignité.

«De frère, de fils, d'ami, Didier et Johannes vont devenir vos pères.»

Dans son homélie qui précède l'ordination des deux jeunes hommes, monseigneur Rey renchérit : « L'appel de Dieu est souvent déroutant. Il dépasse les programmes de vie que l'on s'était fixés. Qui sommes-nous pour recevoir une telle charge ? Bientôt, Johannes et Didier vont se prostrer sur le sol de tout leur long, une posture qui signifie le don radical de soi. De frère, de fils, d'ami, ils vont devenir vos pères. La joie du prêtre est de susciter autour de lui le bonheur de croire en Dieu », rappelle-til

Tandis que la chorale entonne les litanies des saints, commence le rituel, jusqu'à ce que les nouveaux prêtres revêtent pour la première fois les ornements sacerdotaux apportés par leurs parents. Soudain, une longue acclamation accompagnée d'applaudissements fuse sous le chapiteau pour saluer les nouveaux prêtres. La messe terminée, les voilà déjà « au travail », chargés de bénir la foule des amis et des familles venue assister à leur ordination avant qu'une grande pasta party leur soit servie dans une ambiance ensoleillée.

Abrité sous son panama, l'archi- duc Rudolf témoigne de sa joie, lui dont quatre de ses huit enfants, ses fils Johannes, Thomas et Joseph et sa fille Marie-des-Neiges sont membres de la Fraternité Eucharistein. « C'est une émotion extraordinaire pour nous. Ma grand-mère l'impératrice Zita avait prié pour qu'un de ses enfants entre en religion sans être exaucée. Nous sommes comblés et j'avoue avoir, avec Jésus, le meilleur gendre au monde ! » 

Point de vue du 27.06.2018 par Marie-Eudes Lauriot

DMC en la fête de Saint Benoit

Johannes avec Nicolas en 2006 à Gongshan, chef-lieu de la sous préfecture de la Haute Salouen (Chine - province du Yunnan - mission du Thibet)

EQUIPE CUISINE KONGSHAN