COURRIEL DU PREMIER AOÛT 2018

Chers frères et soeurs,

Paix en Jésus!

Quelques nouvelles dans cette dernière étape de notre pèlerinage sur les pas de notre si cher

Bhx Maurice Tornay.

Nous avons donc franchi les cols du Sila et des Bambous jaunes avec un temps très pluvieux et la joyeuse et affectueuse compagnie de nos amies les sangsues, appliquant avec une dévotion toute religieuse la parole du cantique des cantiques: « je te baiserai des baisers de ma bouche »!

L'arrivée à Baihanluo (Bahang) fut comme encore plus étonnante que d'habitude. Un camp d'enfants avait lieu dans le village. Ils nous accueillirent donc tous en grand costume traditionnel. Le soir, après la messe, nous avons eu droit à leurs chorégraphies sur chants religieux. Nous avions acheté de magnifiques feux d'artifices pour le premier août. Il nous a paru plus judicieux d'en faire profiter les enfants, partagés entre l'émerveillement des lumières et la peur du bruit!

Il y a actuellement dans La région de la Salouen 7 prêtres à demeure (dont un seul, le P. Din, qui pose un vrai problème pastoral), un séminariste à Hong Kong, deux religieuses à la paroisse de Chuni. Sur les 7 prêtres, 5 sont les petits-fils de Zacharie! Les paroisses sont structurées, animées, catéchisées. C'est une magnifique espérance!

Par contre la police est omni-présente. A Baihanluo, trois voitures sont arrivées dans la soirée pour nous contrôler. A Dimaluo-Chuni, trois policiers ont assisté à la messe, prenant photos et notes durant l'homélie. Nous priions bien sûr que cela serve à leur édification. Pour assurer les liberté de religions, les enfants en jeunes de moins de 18 ans ne sont plus légalement autorisés à assister à la messe. Inutile de dire que la foi et la résistance de ces communautés ne se plient pas à ces directives, ce qui leur vaut brimades et visites policières régulières.

Les prêtres sont harcelés par les affaires religieuses pour faire allégeance au terrible Ma Yinglin de Kunming, homme de pouvoir et de destruction de l'Église. C'est les larmes aux yeux qu'ils parlent de cet ennemi de la foi et ressentent comme une douloureuse trahison tout soutien étranger à cet homme qui n'a d'autre légitimité que celle du gouvernement chinois. Nous faisons le voyage avec le P. Andréas qui habite dans les environs de Kunming et qui partage totalement cet avis.

Bien sûr, nos frères prêtres se refusent à se soumettre à ces contraintes policières, ce qui leur vaut des inspections et menaces permanentes: tout déplacement d'un village à l'autre doit être communiqué à la police, interdiction de grands déplacements, raison pour laquelle Jean n'a pas pu venir aux ordinations, ce qui fut une grande souffrance pour lui. Tous prennent le risque pastoral d'aller visiter les fidèles, de réparer les églises (ce qui leur est interdit). Le Père Francis va régulièrement à Lhassa où les fidèles aimeraient construire une église. Il y a de nombreux baptêmes d'adultes. Hier soir nous avons célébrer la messe à Chongdin et une grande partie de l 'assemblée était composée d'ados!

Bref, le feu évangélisateur est présent mais les difficultés ne manquent pas!

Pour la première fois dans La région des paysans se sont révoltés contre le gouvernement qui leur interdit de cultiver du maïs pour d'autres production plus rentables. La police est intervenue avec violence. Nos amis me disaient que c'était tout simplement la famine qui les menaçait s'ils ne pouvaient plus cultiver le maïs. La police a téléphoné, un peu paniquée, à l'église de Gongshan pour leur demander de ne pas réagir et de ne pas faire de manifestation!!!

A côté de cela, des populations entières sont déplacées en raison de la construction de barrages et d'infrastructures routières.

Nous avons rencontré par Providence un étudiant de Shanghaï en Sciences politique et religieuses, Michaël qui, de plus, était catholique. Il confirmait ma vision des choses: le gouvernement est dépassé par le développement du christianisme en Chine et ne sait plus comment réagir si ce n'est par la répression et la pression de mesures restrictives et psychologiques. Moment douloureux, moment de souffrance, dernier baroud d'un régime en perte de contrôle avant le chavirement de la Chine dans l'océan d'amour du Christ? Prions et espérons pour cela.

Nous nous sommes rendus avant-hier à Alulaka, la paroisse du P. Din qui était heureusement absent. Pendant que le groupe faisait un pèlerinage au lieu du chemin de croix, je restait tranquillement à l'église avec mon attelle suite à une stupide chute qui a remis à mal mon tendon d'Achille. Ce qui devait être une prière personnelle et silencieuse s'est transformé en temps de confession ininterrompu! Le soir presque tous les fidèles sont venus communier, ce que leur interdit le curé! Et le sourire aux lèvres, le laïc responsable de La paroisse leur dit : « vous avez enfin pu recevoir Jésus! »

Nous allons nous rendre à Kienatong puis Gongshan - la paroisse de Jean, désormais - pour la préparation de la dernière étape: le Latsa.

De coeur et de prière avec vous depuis ces terres bénies et souffrantes.

Unis en Jésus-Eucharistie

Nicolas

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EQUIPE 2018 DEVANT RUINES DE L'HOSPICE DU LATSA

P JEAN ET LE MODERATEUR DE LA FRATERNITE

DMC