DES VIGNES ET DU VIN DANS LA MISSION DU THIBET

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Un Valaisan produit du vin au pied de l'Himalaya  INSOLITE

Le Saillonain Yves Roduit cultive des vignes au Tibet depuis 2014.

il veut aussi y construire une cave et planter de la petite arvine.

Il vient de Saillon et il produit du vin au Tibet. Yves Roduit, ancien directeur technique de la cave sédunoise Gilliard, cultive des vignes au pied de l'Himalaya depuis 2014. Aujourd'hui, sa production a pris une telle ampleur qu'il va monter une cave. Il souhaite aussi planter de la petite arvine et d'autres cépages appréciés en Valais. C'est au programme pour 2019.

«Je suis parti au Tibet avec le père Nicolas Buttet (ndlr: le fondateur de la Fraternité Eucharistein). Il s'est rendu compte que la région est très . .  "nous sommes avec presque rien nous faisons toujours tout à la main.".

J'ai voulu poursuivre l'expérience manuelle jusqu'à 15 000 bouteilles, mais nous atteignons là les limites de ce qui est possible de faire. Nous allons construire une cave pour produire plus.» Des investisseurs, en Suisse et en Chine, ont été trouvés.

Un rêve de petite arvine

Les vignes travaillées par Yves Roduit s'étalent entre 2200 et 2800 mètres. Malgré l'altitude, le climat est relativement doux, avec des hivers sans gel. «Toutes les conditions sont réunies pour élaborer de grands vins», s'enthousiasme l'oenologue, qui . . .  qu'une prestigieuse société française élabore aussi du côté de chez lui.

«En 2014, nous sommes partis avec presque rien. Et nous faisons toujours tout à la main. J'ai voulu poursuivre l'expérience manuelle jusqu'à 15 000 bouteilles, mais nous atteignons là les limites de ce qui est possible de faire. Nous allons construire une cave pour produire plus.» Des investisseurs, en Suisse et en Chine, ont été trouvés.

Yves Roduit relève le défi. Il se met à travailler les vignes plantées par le gouvernement chinois quelques années auparavant. Du cabernet sauvignon, un cépage international, pour l'essentiel. Le mode de faire valaisan s'acclimate bien à la région. Son premier millésime est une réussite. Sa production décroche le titre de meilleur vin d'Asie. Le Saillonain, qui vit avec sa fiancée tibétaine, loue des parcelles de vigne et il achète de la vendange, «comme cela se fait en Valais».

Diplômé de Changins, il apporte son expérience aux 35 familles locales qui travaillent avec lui. «Ici, ils plantent des noyers dans les vignes pour avoir une seconde source de revenus. Le problème est que cela fait venir des oiseaux qui mangent les raisins. J'ai réussi à les convaincre de couper ces arbres.» Yves Roduit évoque aussi le côté spirituel de son expérience. «C'est très beau de travailler avec des paysans qui ont été évangélisés par des Valaisans.» Il se sent dans la continuité de l'histoire écrite par les pères missionnaires qui ont oeuvré dans la région. Le contact est maintenu avec Nicolas Buttet, qui revient régulièrement au Tibet avec des groupes.

Une cave en projet

La première année, la production se monte à 3000 bouteilles. Cette année, il passe le cap des 15 000 cols qui sont écoulés en Chine principalement, mais aussi en Europe. Et en Suisse? «Si nous trouvons un distributeur.»

Un rêve de petite arvine Les vignes travaillées par Yves Roduit s'étalent entre 2200 et 2800 mètres. Malgré l'altitude, le climat est relativement doux, avec des hivers sans gel. «Toutes les conditions sont réunies pour élaborer de grands vins», s'enthousiasme l'oenologue, qui raconte qu'une prestigieuse société française élabore aussi du vin à côté de chez lui.

De la petite arvine,

tenter un pari qui le rapproche de ses origines. «Dans un village, à 2200 mètres, il fait très chaud. J'aimerais y planter quelques milliers de mètres carrés de petite arvine.» Après une petite hésitation, il ajoute: «J'espère que les Valaisans ne le prendront pas mal...»

La petite arvine n'est pas le seul cépage qu'il veut introduire dans ce qui est, officiellement, une partie de la Chine. «J'aimerais diversifier notre gamme.» Il cite notamment le pinot noir, la marsanne (ermitage), le chardonnay et la syrah. Ces plantations sont en projet pour 2019.

PAR JEAN-YVES.GABBUD@LENOUVELLISTE,CH

Vous trouvez des illustrations et des compléments d'informations sur le site: htto://www.aqroscope.admin.ch.

dmc