ENJEUX DE LA PROMOTION DE L'HOMOSEXUALITE

Jamais probablement dans l'histoire humaine, la société n'a-t-elle revendiqué avec autant de force qu'aujourd'hui le droit à la différence: différence des goûts, des cultures, des valeurs, des choix de vie, des façons d'aimer, des modèles de famille... Jamais, cependant, l'accès à une véritable différence n'a été jalonné d'autant d'obstacles.

On veut aujourd'hui banaliser l'homosexualité, soit l'amour du semblable et le refus de l'altérité, en en faisant un modèle d'union à parité avec l'union d'amour dans la différence des sexes.- elle serait une alternative sexuelle de même valeur, une autre façon d'aimer. La reconnaissance de l'homosexualité, au nom de l'égalité des citoyens, serait ainsi une exigence nécessaire allant dans le sens de l'acceptation des différences. Toute critique de l'homosexualité, passant par exemple par l'opposition au mariage homosexuel, voire à l'homoparentalité, serait des signes «d'homophobie».

Et, à ce mot ignominieux, presque incantatoire, tout débat cesse...

Il nous semble important de rompre ce silence et d'initier une réflexion qui portera sur quelques enjeux de ce mouvement d'idées, des représentations et du discours social sous jacents à la problématique homosexuelle.

L'enjeu du nombre

Le fait homosexuel n'est pas nouveau dans l'histoire. En revanche, ce qui l'est, c'est l'idée que l'homosexualité, qui reste pourtant une tendance relativement minoritaire (les études les plus réalistes parlent de 2,8 à 4% de la population), est aujourd'hui largement partagée à travers la promotion d'une bisexualité optionnelle.

La puissance des médias actuels, qui valorisent l'image au détriment des faits, sans parler du rôle joué par la publicité, le cinéma et les campagnes antisida de l'OFSP, amplifie le phénomène: elle lui accorde un caractère massif et banalisé à la fois, en occupant la scène sociale et en éclipsant ce qui est vécu par un certain nombre de couples homme / femme stables et heureux.

Cette surévaluation ne prouve rien en soi: affirmer que plus un comportement se répète, plus il est normal, n'est pas pertinent.

Ces chiffres exagérés occupent pourtant une place de choix dans l'argumentaire des lobbies des minorités LGBT (lesbiennes, gays, bisexuelles et trans¬sexuelles).
Ils confèrent plus de légitimité à leurs revendications et confortent la thèse du caractère inné de l'homosexualité. Ill

L'enjeu génétique

Tout un courant philosophique, né en Amérique du Nord, tenterait de prouver l'existence d'un gène de l'homosexualité: ce déterminisme génétique expliquerait le sentiment ressenti par la plupart des individus homosexuels d'être nés ainsi. Récupéré par les groupes d'influence homosexuels et surtout hétéros gays friendly, il permettrait d'amalgamer la question homosexuelle à une question de type «racial» et d'associer dans un même opprobre «xénophobes» et «homophobes». En mars 2015, en Suisse, une initiative socialiste, allant dans ce sens, a été acceptée au Conseil national.

Pourtant, la majorité des scientifiques refusent cette conclusion simpliste, qui reviendrait à réduire la personne humaine à un simple assemblage cellulaire et au pur produit de ses réactions chimiques. Selon eux, les comportements relèvent d'autres réalités (psychologiques, éducatives, sociales, culturelles, etc.) autrement plus complexes.

En outre, si l'homosexualité était innée, comment pourrait-on expliquer les comportements homosexuels transitoires ou réactionnels de ceux qui vivent par l'ho-mosexualité une expérience provisoire dans le développement de leur sexualité, de ceux chez qui l'homosexualité se manifeste après avoir connu une sexualité avec une personne de l'autre sexe, ou encore de ceux qui alternent l'une et l'autre en fonction des événements de leur existence? Comment expliquer, enfin, que des individus se libèrent de pratiques homosexuelles à l'issue d'une psychothérapie et deviennent capables de vivre autrement, si cette tendance était inscrite dans leurs gènes?

Le besoin de se dire que l'on naît homosexuel et de chercher à le prouver à travers l'argument génétique n'est-il pas, en définitive, une façon d'évacuer la dimension psychologique de la sexualité?

L'enjeu psychologique

Pour la psychanalyse, l'homosexualité apparaît comme une forme d'organisation de la personnalité qui fait appel à des réalités psychiques vécues par chacun durant l'enfance et l'adolescence, comme la non-différenciation, le narcissisme, l'idéalisation de son image corporelle, l'identification au parent de même sexe, etc. Freud et ses successeurs ont montré que certaines expressions homosexuelles étaient en effet la manifestation d'un conflit inconscient qui tentait de se résoudre ou de se défendre à travers cette solution.

Comme ce conflit s'enracine dans la psychologie primitive, celle de l'enfance, elle peut donner l'impression à l'individu qui se ressent homosexuel d'être né ainsi. L'enfant, dans sa relation à son environnement qui va lui permettre de s'éveiller et de développer sa vie pulsionnelle, traverse une phase homosexuée (non-différenciation): s'incorporant les attributs du parent de l'autre sexe, il devient le partenaire du parent de même sexe. Il arrive qu'il en reste à cette étape et entretienne de ce fait une incertitude sur lui-même et sur son identité sexuelle. Quand il est assuré, il se tourne vers des relations incluant l'altérité sexuelle en acceptant la séparation avec le parent de l'autre sexe et l'identification avec le parent du même sexe (loi oedipienne). L'enfant devient ainsi capable d'altérité en intériorisant la différence des sexes et en investissant sa libido sur l'autre sexe. Dans l'homosexualité, l'individu fixe sa libido sur lui- même (idéalisation, narcissisme), sur la recherche du semblable ou sur le parent de même sexe (identification).

L'enjeu médical

L'association des psychiatres américains a décidé en 1973 de rayer l'homosexualité de la liste des affections mentales. Mais, curieusement, elle l'a fait par un vote, qui fut par ailleurs des plus houleux: sur 10'000 bulletins, 5'816 confirmèrent cette option et 3'817 exprimèrent un refus, alors que 367 s'abstenaient. Pour la première fois dans l'histoire, une question scientifique était tranchée par un simple vote, ce qui provoqua de vives réactions dans l'association et la promesse de ne plus traiter à l'avenir de questions psychia¬triques de façon aussi peu méthodique.

Cette décision n'a cependant plus été remise en question. Elle fut le résultat d'un siège en règle du conseil d'administration et des membres de ladite association par des prosélytes de la cause homo¬sexuelle, qui cherchaient à les persuader, par des conférences, des circulaires et diverses publications, de ne plus considérer l'homosexualité comme un «désordre mental». A la suite de ce coup de force, l'OMS, puis de nombreux pays, ont rayé à leur tour l'homosexualité des listes des maladies mentales.

Cette modification a été effectuée grâce à des luttes de pouvoir et non pas en fonction d'études, d'analyses et de réflexions sur la question. Deux faits ont été ici confondus: la discrimination des personnes homosexuelles, contre laquelle il s'agit de lutter, et la question homosexuelle, laquelle ne doit pas disparaître.

L'enjeu social

Depuis ce malentendu, l'homosexualité est revendiquée comme un droit et même comme un droit d'association et un droit parental. Depuis quelques décennies, des associations homosexuelles militent en faveur d'une modification des normes de la législation civile en matière matrimoniale. Elles revendiquent la possibilité de reconnaître et de protéger par la loi la relation homosexuelle au même titre que la relation de couple entre un homme et une femme. Ces revendications ont ainsi abouti à la création d'un PACS, un partenariat enregistré qui est ouvert à tous et pas seulement aux personnes homo¬sexuelles, mais à travers lequel on a cher¬ché avant tout à conférer une légitimité sociale à l'homosexualité.

Comme on pouvait le craindre, il s'agissait-là d'une première étape: aujourd'hui, les lobbies homosexuels et surtout hétéros gays friendly font pression sous la coupole fédérale pour donner à la relation de même sexe le même cadre juridique qu'à la relation homme/femme, c'est-à-dire le mariage pleinement reconnu, avec droit à l'adoption et à la conception d'enfants par procréation médicalement assistée (PMA) ou gestation pour autrui (GPA), c'est-à-dire le recours à des «mères porteuses».

A cela, il convient d'objecter deux réponses:
1) l'enfant n'est pas un droit.
2) la société reconnaît des citoyens et non des préférences sexuelles.

Les personnes homosexuelles sont avant tout des citoyens qui disposent des mêmes droits et relèvent des mêmes devoirs que toute personne et tout citoyen. Il n'est pas injuste ni discriminatoire que des droits particuliers soient attribués au mariage, dans la mesure où l'individu s'engage vis- à-vis de la société sur la base essentielle de la différence des sexes, seule garante de la filiation, et que la société en retour valorise et protège cette institution qui lui permet de durer dans l'histoire et de conserver sa cohérence.

Autrement dit, l'homosexualité ne peut pas être sujet de droit, pas plus que les autres tendances sexuelles qui peuvent travailler psychiquement les individus. L'homosexualité a toujours existé, mais sans créer de droits: c'est la personne quiest sujet de droits et de devoirs. Chaque citoyen est ainsi reconnu, sans que la so¬ciété ait à justifier toutes ses pratiques et ses fantasmes sexuels.

L'enjeu éducatif

L'apparition du SIDA a justifié l'éducation sexuelle dans les écoles. Sous couvert de prévention, des intervenants, membres d'associations adhérant aux «valeurs» de l'iPPF (l'International Planned Parenthood Federation), teintent leur message aux couleurs de l'idéologie du «gender».

Qu'est-ce que l'idéologie du «gender»? Elle est une critique du passé dans son rejet de la société patriarcale, une dialectique du présent où seraient identifiés les amis (gays friendly) et les ennemis (homophobes), et l'avénement d'un être «genré» nouveau, construit à partir de sa propre volonté. Avec cette idéologie, une véritable révolution anthropologique est à l'ceuvre.

La population gay et lesbienne ne se reconnaît pas dans une société binaire, c'est-à-dire fondée sur la parité et sur la différence des sexes puisque leur comportement, notamment sexuel, ne correspond pas à la norme imposée à l'homme et à la femme.

Il s'agit donc de remplacer la norme du couple homme/femme par celle du «gender» où toutes sortes de pratiques sexuelles deviendraient «normales» du seul fait du choix de l'individu.

En fait, ce que propose le «gender», c'est une égalité du «faire» et non une égalité de l'«être» qui transcende la singularité de chacun, sans la nier.

Définitions

Homosexualité: se dit d'une attirance exclusive envers les personnes de son propre sexe (les personnes homosexuelles sont couramment désignées comme «lesbiennes» pour les femmes et «gays» pour les hommes).

Bisexualité: se dit de l'attirance envers les personnes des deux sexes, à des degrés divers (en particulier, la bisexualité ne consiste pas en une attirance égale envers les deux sexes).

Transgenre: se dit d'une personne dont l'identité de genre n'est pas en accord avec le sexe biologique.

Conclusion

Tout un chacun admet qu'une société durable, paisible et ouverte sur la vie est nécessairement fondée sur l'accueil de la différence, et surtout de la différence des sexes qui nous a tous fait naître. Nous ne sommes pas issus d'une «tendance sexuelle», mais de l'union entre un homme et une femme, dans le meilleur des cas couronné par l'amour. Le reconnaître n'implique aucune discrimination à l'égard de quiconque: c'est seulement ainsi que la société peut s'organiser, se développer et durer dans l'histoire.

Dans le climat sentimental et pragmatique actuel, on se croit obligé de tout «tolérer». Il n'est pas juste d'affirmer que l'homosexualité est parfaitement inoffensive socialement, puisque les individus s'aiment. Encore faut-il savoir quelle est la nature de cet attachement: il repose sur la recherche du semblable et du même dans l'impossibilité structurelle de reconnaître l'autre et la différence sexuelle.

L'homosexualité voudrait être reconnue socialement comme un droit à la différence, alors qu'elle n'accueille pas corporellement la différence des sexes. Ce rejet de la différence a des implications souvent douloureuses et violentes dans la vie des personnes homosexuelles ressentant un désir qu'elles ont rarement choisi. Et cela ne doit pas nous indifférer car les personnes homosexuelles, d'abord en tant qu'hommes ou femmes, et surtout en tant qu'amis, nous importent.

Signataires

Cyrille Fauchère, conseiller communal, Sion.
Charles Clerc, député et conseiller communal, Troistorrents.

Pierre Blanchut, médecin, Sion.
Vincent Borgeat, assureur, Sion.
Dimitri Mottier, prêtre orthodoxe, Sion.
Philippe Ariho, blogueur homosexuel (araigneedudesert.fr), Paris.

Olivier Dehaudt, directeur de l'association Choisir la Vie, Grimisuat.

dmc