8 CLEFS POUR OBEIR AU DEVOIR D'IMPREVOYANCE

«Quand le dernier arbre aura été abattu, quand la dernière rivière aura été empoisonnée, quand le dernier poisson aura été pêché, alors on saura que l'argent

ne se mange pas.»  Géromino

«C'est parce que c'est un grand moyen de liberté que l'argent est en même temps un grand moyen d'oppression."  78 Semaine sociale

«Si l'argent ne fait pas le bonheur, rendez-le !»  Jules Renard

Avec Isabelle Rivière (1889-1971) 8 clefs pour obéir au devoir d'imprévoyance

 

CLÉ N°1   Acceptez de vous laisser bousculer

"S'assurer le lendemain, penser à l'avenir, mettre de côté, travailler pour ses vieux jours: ces immuables et sûrs préceptes des familles, cette solide morale des écoles, ne sont-ils pas à bon droit l'idéal le plus constant de tout être normalement bâti, désireux de remplir dignement sa place en ce monde? [...1 Or Dieu défend qu'on amasse. [...] Malédiction sur celui qui veut plus qu'il ne lui faut, qui rassemble autour de lui pour les jours à venir le bien qui était aujourd'hui la part de ses frères!»

CLÉ N° 2   Relisez les Écritures

Dans l'Ancien comme dans le Nouveau Testament, nous verrons que rien n'irrite Dieu à l'égal de cette préoccupation d'amasser, de cette peur d'"être à court': nous verrons que non seulement Il ne commande point, mais qu'Il désapprouve, mais qu'expressément Il interdit le souci du lendemain, l'économie, la réserve sous quelque forme matérielle ou spirituelle que ce soit, dès qu'ils ne sont que l'hypocrite prétexte de la méfiance et de l'avarice du coeur. Plus encore : qu'Il les punit. »

CLÉ N° 3   Économisez en vérité

"Econorniser ne veut pas dire : mettre de côté - c'est par abus, par mauvaise habitude, par déviation, que l'on applique le mot à ce qui est la déformation, la caricature de la chose. Économiser, cela veut dire utiliser au mieux, faire rendre aux ressources dont on dispose le maximum, avec le minimum de perte. C'est donc éviter le non-emploi au même titre que le gaspillage, qui est le mauvais emploi. La véritable économie, c'est d'employer ce que l'on a. » 

CLÉ N°4   Ayez confiance en Dieu

"Jette ta pensée dans le Seigneur et Lui-même te nourrira" (Psaume 54, 23). [...] Rien jamais ne manque à celui qui a Dieu pour intendant. Dieu est la seule banque qui soit à l'abri du krach, le seul coffre-fort que les voleurs ne percent ni ne dérobent. Qui s'abandonne à Lui ne peut périr, même dans la catastrophe. "Dieu ne fait plus de miracles", écrivait Jacques Rivière [l'époux d'Isabelle, Ndlr], parce qu'Il n'y a plus de gens qui L'aiment assez pour en attendre. Ayez seulement cette confiance en Lui, d'en attendre : et le miracle se produira... »

CLÉ N°5   Dépensez vite votre argent !

C'est l'obsession, la hantise de notre lendemain qui paralyse notre aujourd'hui [...I. Il faut, selon le mot de saint Vincent de Paul, "côtoyer la Providence", lui montrant ainsi que l'on se sait mené par elle en bon chemin. Se soucier de l'argent, lui accorder une importance quelconque en tant qu'argent, il ne suffit pas dire que cela ne sert à rien, cela sert à mal. Au lieu que l'oublier, c'est lui ouvrir la porte. L'argent est comme les femmes coquettes, il ne recherche que ceux qui ne se soucient pas de lui. Si vous voulez être sûrs de n'en jamais manquer, dépensez celui que vous avez.»

CLÉ N°6   Osez le don

Il y a un principe qu'il faut  retenir parce qu'il a fait ses preuves; c'est ce qu'on pourrait appeler "le principe de l'appel d'air': Quand vous n'avez presque plus d'argent, qu'il va vous manger pour demain, donnez ce qui vous reste. Je vous affirme, je vous promets, je vous garantis que vous aurez demain l'argent qu'il vous faut! Il n'en coûte pas beaucoup d'essayer au moins une fois ; cela ne peut pas conduire à la ruine d'un seul coup ! [...] Notre réserve, notre poire pour la soif, c'est elle qui empêche Dieu de nous venir en aide.

CLÉ N°7   Servez-vous de l'argent sans y être asservi

Servons-nous donc de l'argent, puisqu'il est là pour nous servir, mais ne lui soyons point asservis. Et qu'il soit le dernier dans notre maison [...]. Car cette faim d'argent [...], cette passion aveugle et sourde qui fait de tant d'hommes une chose méchante, têtue, acharnée, toute furieuse et bornée entre les brancards de l'avidité et de l'ambition, regardons-y bien : c'est d'elle que naissent les trois quarts des maux de cette terre [...]. L'amour qu'on a pour l'argent, la vénération qu'on lui porte, la préoccupation de n'en point manquer, tue l'humain en la créature, ôte l'homme à lui-même, et lui cache jusqu'à Dieu.»

CLÉ N°8   Laissez Dieu gérer vos biens

"Bienheureux les pauvres en esprit", a dit Jésus (Matthieu 5, 3). C'est-à-dire bienheureux ceux-là - qu'ils possèdent ou non de l'argent - qui ne sont point possédés par lui. [...] Plutôt que de nous user à discuter avec Dieu l'emploi de ces biens périssables, pourquoi ne pas Lui en remettre dès aujourd'hui la libre disposition ? [...] Ses impérissables greniers sont le seul lieu où nos sacs de mérites et nos sacs de vertus (Péguy) et les âmes immortelles de nos bien-aimés soient à l'abri des entreprises dangereuses de notre ignorance, de notre égoïsme, de notre perversité, de notre avarice, le seul lieu où tout ce que nous possédons de valable et de cher soit à jamais préservé du mal et de l'anéantissement. C'est toujours le même calcul : donnons-Lui tout, pour qu'Il nous garde et nous rende tout.»

Extraits choisis par Luc Adrian - Supplément du Famille Chrétienne n° 1933

DMC