DEVOILONS-LUI NOS FAILLES

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Lorsque je lisais les biographies des saints, quand j'étais enfant, ceux-ci m'apparaissaient comme des êtres parfaits, des héros ayant accompli des prouesses extraordinaires. Je m'en faisais un portrait tellement idéalisé qu'ils m'en devenaient inaccessibles. Avec le temps, j'ai compris qu'ils étaient, comme vous et moi, faits de chair et de sang. Pourquoi,

alors, les reconnaissons-nous comme « saints » ?

Le Nouveau Testament appelle tous les chrétiens « saints ». Est saint ce sur quoi le fracas du monde n'a pas de prise. En chacun de nous se trouve ce petit quelque chose d'infini, d'« un autre monde ». Les personnes que nous nommons des « saints » ont vécu l'expérience d'être à la fois dans le monde et hors du monde en faisant entièrement confiance à ce que Dieu avait mis de saint en eux.

Abraham Heschel, un auteur d'origine juive, définit les saints comme « ceux qui ignorent comment ne pas aimer et n'avoir aucune compassion pour les joies et les peines d'autrui ». Les saints ne sont pas reclus, isolés de la vie quotidienne et de ses conflits, aux joies et aux peines de leurs semblables. L'essence de leur sainteté, c'est l'amour. Un amour qui n'a rien de forcé et dont ils sont tellement remplis par leur expérience de Dieu, qu'ils en débordent.

Les saints ne sont pas parfaits. Mère Teresa connu une « nuit de la foi ». Mais elle a continué son chemin vers Celui dont elle n'a bien souvent pas ressenti la présence. Les saints souffrent comme nous de leurs zones d'ombre, comme le rappelle Thérèse de Lisieux. Mais ils croient profondément que la grâce de Dieu peut tout transformer en eux. Ils font l'expérience de saint Paul, qui souffrait d'une maladie insidieuse qui le rendait faible et ridicule. Il pria le Christ de lui épargner cette faiblesse, afin d'être plus crédible dans l'évangélisation. Mais Jésus lui répondit : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse » (2 Corinthiens 12, 9).

Comment devenir des saints ? Enfant, je m'imaginais que les saints suivaient scrupuleusement les commandements du Christ, pratiquaient assidûment l'ascèse et se sacrifiaient entiè¬

compris ensuite que nous aurons beau nous y escrimer, Dieu seul fera de nous des saints. La seule chose que nous puissions faire, c'est présenter à Dieu tout ce qui est en nous. Pour que, par sa grâce, il transforme nos faiblesses en force, et que par son amour il guérisse et redresse tout ce qui est blessé et « tordu » en nous.

montrer à Dieu tels que nous sommes, sans chercher à cacher nos défauts, demande beaucoup d'humilité, car plus nous nous rapprochons de Dieu, plus nous sentons à quel point notre coeur est éloigné de Lui et notre foi, parfois fausse et creuse. Pourtant, lorsque nous nous ouvrons à lui en toute simplicité, lui confiant nos arrière-pensées et . . .

Nous montrer à Dieu sans chercher à cacher nos défauts demande beaucoup d'humilité.

François recommande de dire cette prière attribuée à saint Thomas More (1478-1535), décapité par le roi Henri VIII dont il refusait l'autorité spirituelle. Ordinairement, commente le pape, la joie chrétienne est accompagnée du sens de l'humour, si remarquable (aussi) chez saint Vincent de Paul ou chez saint Philippe Néri. »

Donne-moi une bonne digestion, Seigneur, et aussi quelque chose à digérer. Donne-moi la santé du corps avec le sens de la garder au mieux. Donne-moi une cime sainte, Seigneur qui ait les yeux sur la beauté et la pureté, afin qu'elle ne s'épouvante pas en voyant le péché, mais sache redresser la situation. Donne-moi une âme qui ignore l'ennui, le gémissement et le soupir. Ne permets pas que je me fasse trop de souci pour cette chose encombrante que j'appelle « moi ». Seigneur, donne-moi l'humour pour que je tire quelque bonheur de cette vie et en fasse profiter les autres. Thomas More

« La sainteté, c'est d'abord d'être des pécheurs pardonnés, des blessés que Dieu veut guérir, des faibles à qui Dieu donne la force d'aimer. » Cardinal Lustiger  

Prier N° 406 de novembre 2018

dmc