AMBROSI - CHAPITRES 7 et 8

Chapitre VII
LES EVENEMENTS QUI ONT SUIVI LA MORT

55. ) Sitôt arrivés à Atuntze, Sondjrou et Jouang donnèrent l'alarme, comme l'affirme le chanoine Angelin Lovey, 5ème témoin au Procès Ordinaire:

"Ces deux fuyards portèrent l'alarme à la Mission d'Atuntze au Père Alphonse Savioz qui, immédiatement, se mit en relation avec le Mandarin et demanda son concours pour voir ce qui était arrivé et, éventuellement, ramener les cadavres. Le Mandarin envoya un officier et quelques soldats qui, en compagnie de huit à dix porteurs, se rendirent sur les lieux".

La dramatique nouvelle fut donnée au Père Savioz, le jour suivant, c'est- à-dire le 12, tandis que les corps furent récupérés le 14, toujours d'août 1949; lui-même a, en effet, écrit à Mgr Valentin dans les termes suivants:

"Le 12, dans l'après-midi, j'apprenais la triste nouvelle par les deux rescapés, qui auraient certainement été tués s'ils n'avaient point pris la fuite. Aujourd'hui, 14 août, j'apprends que les corps des victimes ont été complètement dépouillés de leurs vêtements. J'espère que nous pourrons recevoir ces dépouilles mortelles le 17 et nous les enterrerons ici sur l'emplacement de l'ancienne résidence du missionnaire, au bas du marché".

Témoin oculaire des événements, M. Casimir Sondjrou est évidemment plutôt précis dans ses affirmations; il raconte aussi comment le corps du Père Tornay a été retrouvé et quelles plaies mortelles il présentait. Comme ter témoin au Procès Rogatoire du Sikkim, il affirme:

"Ni moi ni Jouang ne remontâmes pour chercher les cadavres du Père et de Doci. Le Père Savioz envoya une équipe de huit personnes parmi les-quelles se trouvaient un agent de police du Yamen d'Atuntze et deux chrétiens de Patong, Lantha Béné de Khumbeur et Lozong Neurbo de Dzong, qui se trouvaient à Atuntze pour construire des maisons. Un homme portait la nourriture et six hommes portaient les cadavres. Le Père Savioz leur donna 25 piastres comme récompense à chacun (...).

Les deux cadavres étaient complètement nus; cependant ils n'avaient été touchés ni par les vautours ni par d'autres bêtes sauvages. Ils ne trouvèrent aucun objet du Père.

Question: Etiez-vous à Atuntze les jours qui ont suivi la mort du Rêvérend Père Tornay?

Réponse: Oui

Question: Avez-vous revu le corps du Révérend Père Tornay?

Réponse: Oui. C'est moi et Jouang qui avons lavé le corps du Père. Je me souviens qu'il avait reçu une balle à la tempe et une dans le bas-ventre. Je ne me souviens pas d'avoir vu d'autres blessures. Le cadavre était intact".

56. ) Les corps de Maurice Tornay et celui de son fidèle serviteur Doci arrivent à Atuntze, le 16 août 1949, le Père Savioz le rappelle très bien dans sa déposition faite comme 2ème témoin du Procès Rogatoire de Taipeh; ils ont été transportés "par les gens envoyés par le missionnaire et inhumés religieusement le lendemain midi à Atuntze. J'ai présidé à la cérémonie".

Un détail mérite d'être signalé, rapporté par le chanoine Angelin Lovey, 5ème témoin au Procès Ordinaire, dans son bref passage: "les deux corps furent inhumés à Atuntze, le 17 août dans l'après-midi. Le corps de Doci sentait assez fort tandis que celui du Père ne sentait pour ainsi dire, pas".

Comme lieu de sépulture de la dépouille mortelle du Serviteur de Dieu, il ressort que celle-ci fut inhumée à Atuntze, "sur l'emplacement de l'ancienne résidence du missionnaire, au bas du marché".

Chapitre VIII
LA RENOMMEE DU MARTYRE ET DES MIRACLES

a)La renommée du martyre

57. ) Ce qui frappe dans la présente Cause et confère une très grande valeur à la preuve d'une authentique renommée du martyre, c'est le fait que tout de suite, publiquement, et à tous les niveaux, la palme du martyre ait été attribuée à Maurice Tornay. Nous souvenant que le meurtre eut lieu, le 11 août, nous considérons en premier lieu la déposition suivante avec un passage ajouté à une lettre par le chanoine Cyrille Lattion, 1er témoin au Procès Ordinaire:

"Dans la région, la population, unanimement, soit chrétienne, soit paï-enne, disait: 'Le Père Tornay a été tué parce qu'il était missionnaire'. Tous les confrères ont regardé le Père Tornay coule un martyr. Le chanoine Fournier m'annonça la mort de M. Tornay, le 22 août, en me disant: 'Nous avons un confrère de moins et deux martyrs de plus dans la mission'. Dans ma première lettre à Mgr Adam, où je lui relatais les événements, je considérais M. Tornay comme un martyr. Je la joins à cette déposition. Les autorités civiles étaient du même avis que la popula-tion: Tornay tué, parce que missionnaire".

Extraits de la lettre du chanoine Lattion à Mgr Adam, jointe à la déposition:

Weisi, le 25 septembre 1949.
Très cher Monseigneur Adam,
"Le 22 août au soir, M. Fournier m'apportait une triste et heureuse nouvelle. Une triste nouvelle: nous avions dans la Mission un confrère de moins. Une heureuse nouvelle: notre Mission comptait deux martyrs de plus. En date du 11 ou 12 août, M. Tornay avait été massacré par les lamas de Karmda".

De la teneur de l'annonce de la mort, faite le 21-09-1949, par Mgr Adam, Prévôt du Grand-Saint-Bernard, à la famille, aux confrères et au peuple valaisan, la preuve de la renoinniée du martyre ressort avec évidence. On y lit, en effet:

"Monseigneur le Prévôt et Messieurs les Chanoines de la Congrégation du Grand-Saint-Bernard ont l'honneur de vous faire part de la mort de leur cher confrère missionnaire, Monsieur le chanoine Maurice Tornay, âgé de 39 ans, assassiné en haine de la Foi dans les Marches thibétaines".

Martigny, le 21 septembre 1949

L'annonce de la mort donnée par Mgr Adam, faisait suite au télégramme parvenu des Marches tibétaines qui lui communiquait le meurtre du Serviteur de Dieu. Or, appelé ensuite à déposer comme 12ème témoin au Procès Ordinaire de Sion, diocèse dont entre-temps, il était devenu l'évèque, Mgr Adam exprime des preuves et des considérations personnelles qui démontrent à l'évidence la renommée du martyre. Il déclare en particulier.

"Je reçus, le 21 septembre 1949, de Kunming, un télégramme conçu en ces termes: 'Tornay massacré. Lattion'. Sachant les difficultés dans lesquelles le Serviteur de Dieu se débattait, j'ai eu la certitude inté-rieure qu'il avait été mis à mort en haine de la foi. Et c'est pourquoi je le mentionnai dans le faire-part adressé à la parenté et publié dans les journaux. Les lettres que j'ai reçues par la suite disaient que le chanoine Tornay avait été mis à mort par les lamas en haine de la foi. Après la mort du chanoine Tornay, des discussions eurent lieu entre confrères: on admettait qu'il était mort en haine de la foi, on ne discutait que des deux points suivants:

1) Avait-il la permission de se rendre à Lhassa?;

2) Ce voyage était-il raisonnable?

Je me souviens que mon opinion était la suivante:

1) Il avait la permission de se rendre à Lhassa, puisque l'Internonce le lui avait permis, que le chanoine Lattion le lui avait permis, que le Père Goré l'avait laissé libre.

2) Ce voyage ne doit pas se juger simplement suivant la prudence humaine, mais suivant la vertu de prudence éclairée par les dons du Saint-Esprit. Il est certain que le chanoine Tornay n'était pas obligé de se rendre à Lhassa et que presque tout autre, à la place, ne l'eût pas fait. L'opiniâtreté naturelle du chanoine Tornay l'a disposé à cette décision. La renommée de martyre a commencé après la mort du chanoine Tornay, et a continué jusqu'à présent".

A moins de deux mois de la mort du Serviteur de Dieu, le 5 octobre 1949, parvint à Mgr Adam une lettre du Père Louis Pasteur, Assistant du Supé-rieur général des Missions Etrangères de Paris, dans laquelle on remarque comment dans cette Société, très active en Extrême-Orient, on avait la certitude que Maurice Tornay était mort en vrai martyr. Vu son importance, nous la reproduisons intégralement. Voici sa teneur:

"Monseigneur,

Notre procureur général à Hong Kong nous envoie le télégramme suivant: 'De la part de l'Evêque de Kangting, je vous prie d'informer Mgr Adam, que le Révérend Père Tornay a été massacré, le 11 août'. (Signé: Vircon-delet).

Cette communication, cher Monseigneur, ne vous apprendra rien de nouveau puisque, depuis plusieurs jours déjà, vous connaissez cette nouvelle,
à la fois triste et glorieuse (...).

Victime de la haine des lamas, le cher Père Tornay est le premier des vôtres qui tombe, aux frontières du Royaume de Lhassa, pour notre Religion et notre Civilisation chrétiennes. Il est ainsi aussi le digne successeur de nos nombreux confrères des Missions Etrangères de Paris qui ont été tués à Yerkalo, victimes des mêmes lamas et pour la même cause (...).

Nous partageons votre peine, mais nous pensons aussi que vous pouvez être justement fier de voir le Divin Maître donner la palme du martyre à un de vos Fils.
Tuer les missionnaires, n'a jamais arrêté leur zèle. Le Christ vaincra un jour par la Charité de ses apôtres la sauvagerie et le fanatisme des lamaseries.

Son Excellence Monseigneur Lemaire me prie de vous dire, à l'occasion de ce tragique événement, sa religieuse sympathie, et je vous prie d'a-gréer, Monseigneur, mes sentiments très respectueux en Notre Seigneur".

Née spontanément et d'une manière subite, la renommée de Martyre du Serviteur de Dieu s'est grandement répandue par la suite, comme on le constate dans la déposition du chanoine Pierre-Marie Melly, Sème témoin au Procès Ordinaire:

"Le Père Tornay a été tué en haine de la foi; ça a été l'opinion immédiate des confrères, comme la mienne, et elle n'a pas changé. Je sais que le Père Lovey, quand il a prêché pour l'enterrement a pris comme thème: Sanguis martyrum, semen dhristianorum. Les autres motifs n'étaient pas décisifs. Les confrères de la mission ont écrit à Mgr Adam des lettres que j'ai lues en son temps: elles étaient toutes dans le sens du martyre.

La renommée de martyre a commencé auprès des confrères en mission et auprès des chrétiens. Il n'y a aucune raison d'en douter. Elle a été continue. Elle s'étend même en dehors de la Suisse. J'ai reçu des lettres de différents endroits de Suisse, et du Canada, qui me disent qu'on invoque le Père Tornay".

Pour la preuve de la renommée de martyre, le jugement d'un missionnaire aussi connu et apprécié que le Père Francis Coré prend un relief considérable, comme on peut s'en rendre compte par la déposition suivante faite comme hème témoin au Procès Ordinaire:

"La renommée du martyre s'est répandue immédiatement après la mort et a vraisemblablement continué. Le fait que le Père Tornay avait dit qu'il n'aurait pas de paix s'il ne fût retourné à Yerkalo a été la base de cette considération. Je ne connais pas d'opinion opposée à la renommée du martyre. Le fait du meurtre est évident. Il n'y a pas, parmi les chrétiens ou parmi les missionnaires d'autre opinion que celle émise plus haut. Le Père Tornay est mort pour le Christ. Je ne connais pas
qui aient nié ou qui nient le martyre du Père Tornay. Le fait d'appeler quelqu'un martyr n'implique pas un jugement définitif, qui est laissé à l'Eglise".

Le chanoine Angelin Lovey apporte une contribution considérable à la preuve de la renommée de martyre, soit comme témoin oral, soit comme source écrite. Avant tout, au cours du Procès Ordinaire où il a déposé comme 5ème témoin, il affirme:

"L'opinion des chrétiens de la région attribue le meurtre de M. Tornay à la haine des lamas contre la religion chrétienne; ces chrétiens consi-dèrent le Père comme un martyr de la foi. Il ne s'agissait pas pour les lamas de s'enrichir aux dépens du Père, puisqu'il avait été décidé d'avance que le butin serait laissé aux assassins.

M. Savioz et moi-même avons adressé une lettre en commun à Mgr Valentin, notre Evêque, qui en a envoyé une copie à Mgr Adam. Le Mandarin d'Atuntze a écrit des lettres de protestations au Lama administrateur de Yerkalo et au gouverneur de Chamdo et peut-être ailleurs, par exemple à Karmda, contre le fait qu'on avait tué des innocents sur son territoire".

Le chanoine Lovey a ensuite cherché à donner dans sa relation écrite une réponse exhaustive à la demande fondamentale, réponse qui ne peut être autre que positive, comme on le lit dans le passage suivant:

"M. Tornay est-il mort martyr? Tout en ignorant ses sentiments depuis qu'il quitta Atuntze pour Lhassa, depuis qu'il fut arrêté dans son voyage à Tento et dut rebrousser chemin et surtout durant ses derniers moments, je n'hésite pas, pour ma part, à le considérer comme un authentique martyr, parce que depuis son arrivée à Yerkalo, en juin 1945, jusqu'à sa mort, tant de bouche que par ses lettres et sa conduite, a constamment montré qu'il était prêt à donner sa vie pour son devoir pastoral. Bien qu'il s'attendit, à plusieurs reprises et en divers lieux à la possibi-lité réelle et même à l'éventualité très probable d'être massacré par les lamas, jamais il ne céda à leurs menaces ni à leur chantage; jamais il ne proposa à son évêque, Mgr Valentin, au Vicaire Général, le Révérend Père Goré, ou à M. Lattion, son supérieur religieux, d'être relevé de ses fonctions, déplacé en un lieu plus sûr ou remplacé par un autre confrère; c'est tout le contraire qui se produisit. A la mort du Père Burdin, curé de Yerkalo, c'eût été, semble-t-il, plus que normal que je fusse nommé curé de Yerkalo, où je me trouvais à la mort du Père Burdin. M. Tornay accepta cependant ce poste difficile et dangereux, parce que, m'a-t-il affirmé: 'Le Père Goré tenait beaucoup à vous garder à Tsechung et parce que, surtout, il m'en aurait trop fait mal au coeur de vous savoir exposé à la rage de ces démons de lamas, ici haut'. J'en pleure quand j'y pense. C'est moi qui aurais dû être martyr à sa place: lui s'est offert pour moi de la façon la plus consciente".

b) La renommée des miracles.

58. ) Comme preuve ultérieure d'une renommée de martyre que nous avons déjà constatée comme très solide, les témoins mettent en évidence toute une série d'exaucements de prières qui sont attribués au pouvoir d'intercession auprès de Dieu dont jouit le Père Tornay. Le chanoine Lattion démontre comment les demandes d'aide que ses confrères lui adressent ont lieu dans des circonstances les plus diverses. On lit, en effet, dans la déposition faite comme 1er témoin au Procès Ordinaire:

"Je ne connais qu'une chose que je considère comme une grâce obtenue par l'intercession du chanoine Tornay. Nous étions restés six mois à Hong Kong; le visa des Indes nous avait été refusé; nous demandâmes, sans beaucoup d'espoir, un visa pour Formose (la Suisse entretient des relations avec la Chine communiste, mais n'a pas de représentant à Formose), nous confiâmes la chose au Père Tornay, et nous reçûmes les visas le jour anniversaire de sa mort".

Le Frère Louis Duc, 7ème témoin au Procès Ordinaire, sans cependant descendre dans des détails confirme le recours confiant au Serviteur de Dieu en affirmant:
"Trois personnes m'ont parlé de grâces personnelles reçues par l'intercession du Serviteur de Dieu. Je me souviens du nom de deux de ces per-sonnes: ce sont Mgr Adam et le Chanoine André Darbellay, curé de Sem- brancher. Ils ne m'ont pas donné de détails sur les grâces obtenues.

La chose m'a été dite dans des conversations en parlant du Père Tornay, peu de temps après sa mort. Une troisième personne, dont je ne me rap-pelle pas le nom m'a parlé d'une grâce obtenue: c'était récemment".

Soeur Jeanne-Hélène Tornay, 13ème témoin au Procès Ordinaire est prodigue d'exemples dans sa déposition que voici:

"Différentes personnes m'ont dit qu'elles l'avaient invoqué, et qu'elles avaient été exaucées. Ainsi, dans ma famille, mon frère Louis, pour un accident. De même, une vocation difficile qui s'est décidée. Une jeune fille, après une fracture de la jambe, enleva le plâtre au bout d'une semaine. Dans un autre cas, une fracture du col du fémur guérit très rapidement. Il s'agit de Madame Germaine Tornay, femme de mon frère (Jean)".

M. Casimir Sondjrou, 1er témoin au Procès Rogatoire du Sikkim, fait une intéressante déposition au sujet de la renommée de miracles, en ce sens qu'il ne se borne pas à décrire sa propre et singulière guérison, il montre comment à Yerkalo est vive la reconnaissance envers ce qu'il (le Père Tornay) a fait. Son témoignage est ainsi formulé:

"Il y a deux ans, j'étais gravement malade pendant un mois et j'ai cru mourir. Les vierges institutrices de Tsechung venaient me voir souvent et m'exhortaient à prier le Père Tornay. Suivant ce conseil, je me recommandais intérieurement au Père Tornay et, à partir de ce moment, mon état s'améliora et, après quelques jours, j'étais sur pieds. Je suis persuadé que c'est le Père Tornay qui m'a aidé en cette circonstan-ce. De plus, je sais qu'à Yerkalo le vieux catéchiste Loukas exhorte très souvent ses chrétiens à mettre leur confiance dans le Père Tornay et à invoquer celui qui a donné sa vie peur eux".

CONCLUSION

59. ) Avant que deux années ne se fussent écoulées depuis la mort du Serviteur de Dieu, M. Henry de Torrenté, personne très au courant des faits, puisqu'elle était à l'époque ambassadeur de Suisse en Chine, écrivit dans les termes suivants au Prévôt du Grand-Saint-Bernard:

"Le Père Tornay est mort en héros, comme il le souhaitait, dans ses lointaines Marches Thibétaines dont il avait fait sa seconde patrie. Et c'est pourquoi, Monseigneur, votre affliction et celle de toutes les âmes chrétiennes se changent en allégresse, car ce martyre, après tant de martyrs de la Foi, ne peut pas être inutile. Ce sang si généreu-sement versé fécondera cette terre ingrate et y fera germer la semence de la Vérité éternelle".

Il ne faudrait pas que l'affirmation de M. de Torrenté paraisse trop optimiste; en effet, s'il est vrai que le groupe courageux des missionnaires valaisans de la province du Yunnan, s'est retiré définitivement en 1952, le fait que Maurice Tornay, lui qui avait aimé Yerkalo jusqu'à mourir pour lui, repose près de cette paroisse qui, devant Dieu, était la sienne, ce fait ne peut pas manquer de signification.

Ensuite, le fait que la très vive renonuée de martyre dont il jouit porte de très nombreux fidèles, et ses confrères tout les premiers, à le prier, le sachant tout près, maintient vivant et alimente un lien spirituel entre ces terres encore imperméables au Christianisme, mais dans lesquelles le sang de Maurice Tornay et d'autres glorieux martyrs, qui eux aussi y reposent, pourrait également y rallumer l'étincelle de la foi.

Eminentissimes et Révérendissimes Cardinaux, Révérendissimes Théologiens Consulteurs,

60. ) Tandis que nous confions la Cause sur le martyre du Serviteur de Dieu Maurice Tbrnay à votre examen attentif, nous déclarons avec une conscience sereine que nous attendons plein de confiance que vous émettiez à l'unanimité un vote favorable.

C'est ce qu'attendent avec un vif espoir, non seulement les soussignés, Avocat et Rapporteur, le T. R. Père Ambroise Eszer O. P., mais aussi les requérants, les Chanoines Réguliers du Grand-Saint-Bernard, représentés par l'Abbé Général des Chanoines Réguliers de Latran et Postulateur, le Révérendissime Mgr Emile Dunoyer, ainsi que les nombreux dévots de Maurice Tornay.

Rome, le 12, 12, 1989. Avocat Andrea Ambrosi
Fr. Ambrogio Eszer O.P.
Rapporteur Général.

Extrait tiré de "Radiographie d'une âme" - plaidoirie de l'Avocat Dr Andrea Ambrosi 

DMC