«L'audace missionnaire»: et aujourd'hui?

Inauguration de l'exposition «Missions du Toit du Monde» à Paris

par le card. Filoni

Aujourdhui, «quiconque se consacre à l'évangélisation a besoin dune nouvelle audace, dune nouvelle ardeur et dun nouvel engagement», souligne le cardinal Filoni. Le cardinal Fernando Filoni, préfet de la Congrégation pour lévangélisation des peuples, a prononcé une conférence sur "L'audace Missionnaire", le 29 septembre 2012, aux Missions étrangères de Paris (MEP), à l'occasion de l'inauguration de l'exposition: «Missions du Toit du Monde».

On peut retrouver la conférence dans son intégralité sur le site des MEP. Evoquant l'histoire des missionnaires des MEP, le cardinal a estimé que «ces pionniers de Dieu vivaient l'audace, l'aventure, la foi, la passion, de façon absolument unique». Mais aujourdhui, s'est-il interrogé, «pouvons-nous encore parler d'audace missionnaire? Pouvons-nous simplement parler d'audace?». Si oui, a-t-il ajouté, «de quelle audace s'agit-il et en quoi consiste-t-elle, étant donné que les voyages se sont simplifiés, que les contacts se multiplient sur le web, les territoires ne sont plus inconnus?»

«Les médias, les communications immédiates et directes, les migrations, le tourisme ont créé de nouvelles frontières», a-t-il constaté, et invitent à s'interroger sur «la mission aujourdhui et sur le type d'audace dont il est nécessaire de parler aujourdhui». Les pays de «vieille chrétienté» vivent «une rapide diminution des missionnaires», une «crise des vocations», tandis que ceux d'Afrique, d'Asie et d'Océanie connaissent «l'abandon de leurs tradition».

Il y a deux facteurs «immuables et intrinsèques» de la mission, a-t-il rappelé: le message et l'homme. Le message est «toujours le même», a-t-il fait observer: «Dieu a tant aimé l'homme, sa créature, qu'il la voulue aussi sauvée», envoyant son Fils qui a pris la condition humaine et s'est «offert en victime d'holocauste sur la Croix». En ce sens, «le Christ est le premier Missionnaire». Le deuxième facteur qui doit pousser à l'audace missionnaire c'est «l'homme, quels que soient sa race et sa condition, le lieu et le temps»: «Cinq milliards de personnes espèrent cette bonne nouvelle et des millions de baptisés attendent une nouvelle annonce de l'Evangile», a insisté le cardinal.

Source: Anne Kurian, ROME, mercredi 3 octobre 2012 (ZENIT.org)