LE MAITRE DES CYMBALES-3

Retour à la lamaserie   (suite et fin)
 
Le lendemain matin, le sorcier Djidjrou part pour Dara. Il revient deux heures après et il se précipite sur moi en m'injuriant violem-ment.Il me traite de traître: lui, chrétien, je ne l'ai pas défendu, j'ai manqué à mon devoir. Etant le Sien-Sien, un maître étranger, de la Mission, j'aurais dû intervenir énergiquement, mais je n'ai rien dit, rien fait, je ne suis bon à rien. Je m'énerve à mon tour et lui expli-que qu'il est le fautif dans tout cela: il a tellement menacé, exploité toute cette peur à son profit qu'il n'a qu'à s'en prendre à lui-même si, maintenant, il est puni. Car il est puni: le mandarin l'a simplement expulsé, lui intimant l'ordre de quitter la vallée de la Salouen, c'est-à-dire la sous-préfection de Kongchan, donc la nôtre.

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LE MAITRE DES CYMBALES-2

Le sorcier chrétien
 
Nous voilà en 1938. A mon re-tour du Vietnam, je décide d'instal-ler un dispensaire au Peudjrong, afin de faire profiter les habitants de ma chère vallée de mes connais-sances fraîchement acquises à l'hô-pital militaire français d'Hanoï. A la Mission de Tchrongteu, le Père Li, notre unique prêtre chinois, s'est installé et a remplacé le Père Génestier mort un an auparavant. La famille qui a servi le Père Gé-nestier, notre patriarche, au cours de ces dernières années — un couple tibétain, quatre garçons et trois fil-les — s'est installée dans une ferme au bas du village tibétain. C'est auprès de ces braves gens que j'ins-talle mon établissement, composé d'une maisonnette en terre battue et d'un raccard. Un fait échappe à mon attention: je vais vivre à quelque 250 mètres de la ferme de Djidjrou. Cela va m'empoisonner la vie pendant trois mois...

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LE MAITRE DES CYMBALES-1

 Le lama sorcier
 
Comme c'est curieux : de tous les tiroirs de ma mémoire, ceux qui s'ouvrent le plus facilement sont ceux qui concernent la Salouen! C'est donc dans la vallée de ce fleuve que j'aimais que je vais retourner, plus exactement au village du Peudjrong — ce qui veut dire village thibétain.

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LE MOINE ET LE LAMA

Ce que vous venez de dire du moine rejoint ce que saint Paul écrit dans sa première lettre aux Corinthiens : "L'homme qui n'est pas marié a souci des affaires du Seigneur, des moyens de plaire au Seigneur. Celui qui s'est marié a souci des affaires du monde, des moyens de plaire à sa femme ; et le voilà partagé.

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VOIE D'UNE AUTHENTIQUE FRATERNITE

Vénérés moines et nonnes bouddhistes, Directeur associés du Secrétariat pour les affaires oecuméniques et interreligieuses de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis, Révérends pères et soeurs, Mesdames et Messieurs, de la part du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, c'est pour moi une grande joie d'accueillir chacun de vous à ce Dialogue entre bouddhistes et catholiques intitulé « Souffrance, libération et fraternité ».

Dans le contexte de la globalisation et de la migration, le paysage religieux des Etats-Unis a subi des changements rapides et profonds avec la présence croissante des religions du monde y compris le bouddhisme. La présence, ici, de représentants des grandes traditions bouddhistes aux Etats-Unis — sri- lankaise, thaï, cambodgienne, vietnamienne, tibétaine, chinoise, zen, la Terre pure ainsi que de nouvelles traditions comme le bouddhisme Won et le Rissho Kosei-kai — témoigne du pluralisme religieux . . .

 I.- Moins de bagages : surmonter les préjugés, les blessures, les craintes afin d'écouter son propre coeur et celui de son prochain religieux ;

II.- Franchir des frontières : le pèlerinage nous invite à traverser nos frontières culturelles, religieuses, ethniques et linguistiques pour se connaître, se comprendre et se respecter mutuellement. Ainsi, nous voyageons vers l' « autre bord », mais fermement enracinés dans nos croyances religieuses. « Franchir des frontières » peut alors transformer l'ignorance en compréhension, l'étranger en ami, l'hostilité en hospitalité et la divergence en convergence.

III.- Rentrer chez soi : nous rentrons chez nous transformés par ce que nous avons expérimenté dans notre cellule. Vous retournerez aux Etats-Unis avec une nouvelle vision et mission à rapporter — ce que vous avez découvert au cours de ces journées de réflexion, de prière, d'échange de vues — dans vos communautés respectives et, par elles, à la société plus large.

Objectifs

Le thème de ce dialogue entre catholiques et bouddhistes, « Souffrance, libération et fraternité », est basé sur le Message du pape François pour la Journée mondiale de la paix, intitulé « Fraternité : fondement et route pour la paix », ainsi que sur le Message du CPDI pour la Fête du Vesakh 2014 intitulé « Bouddhistes et chrétiens pour favoriser la fraternité ». Le pape François déclare que « la fraternité est une qualité humaine essentielle, car nous sommes tous des êtres relationnels. La vive conscience d'être en relation nous amène à voir et à traiter chaque personne comme une vraie soeur et un vrai frère ; sans cela, la construction d'une société juste, d'une paix solide et durable devient impossible » (n. 1).

Dans mon Message pour Vesakh 2014, je déclarais que « nous vivons dans un monde trop souvent déchiré par l'oppression, l'égoïsme, le tribalisme, les rivalités ethniques, le fondamentalisme religieux et la violence. Un monde où « l'autre » est considéré et traité comme un être inférieur, une non-personne ou quelqu'un à craindre et, si possible, à éliminer ».

Je voudrais citer encore mes paroles du Message pour Vesakh 2014 nous invitant tous à transformer l'humanité centrée sur elle-même afin de bâtir un monde de fraternité : « Ancrés dans nos croyances religieuses différentes, nous sommes appelés, en particulier, à dénoncer ouvertement tous les maux sociaux qui nuisent à la fraternité ; à guérir les autres de ce qui les empêche de grandir dans la générosité désintéressée, à être les réconciliateurs qui brisent les murs de division dans la société, et à promouvoir une véritable fraternité entre les individus et les groupes » (n. 4).

Après avoir discuté sur les thèmes « Souffrance, libération et fraternité » selon des perspectives bouddhistes et chrétiennes, vous passerez le dernier jour du programme à contempler et à considérer comment dénoncer ouvertement, être ceux qui guérissent et des réconciliateurs, tendre la main ensemble vers ceux qui sont dans le besoin, dans vos villes. Au coeur des défis, je suis sûr que la coopération interreligieuse basée sur nos valeurs communes peut résoudre des problèmes d'intérêt commun et ouvrir la voie à une authentique fraternité. Pour cette collaboration, vous pouvez compter sur ma solidarité et mes prières.

Gratitude

En conclusion, j'aimerais complimenter le Comité des évêques pour les affaires oecuméniques et interreligieuses de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis pour avoir organisé ce dialogue entre catholiques et bouddhistes à Rome, inaugurant une nouvelle ère de relations entre les bouddhistes et les chrétiens aux Etats-Unis. Je souhaite aussi féliciter le comité organisateur dirigé par le professeur Donald Mitchell pour avoir travaillé avec acharnement afin d'organiser ce remarquable dialogue. Mes remerciements vont en particulier au mouvement des Focolari qui accueille cette réunion au Centre Mariapolis. Je suis certain que vous tous, participants, apprécierez votre séjour dans ce cadre paisible et beau.

dmc