CARÊME 40 JOURS AVEC LES PERES DU DESERT

Encore le Carême! À peine au pied de l'obstacle, nous voilà déjà en train de nous interroger sur la manière de le franchir, tout en sachant que nous n'y arriverons probablement pas. En Égypte, au Ill' siècle, les tout premiers moines se posaient moins de questions et vivaient la radicalité de l'Évangile au pied de la lettre. Ce sont leurs enseignements (pleins d'humour et de pédagogie) que nous vous proposons de suivre jour après jour, apophtegme (sorte de maxime) après apophtegme. Un best-of de la pensée monastique. Deux moines nous aide¬ront aussi à méditer les sept évangiles du Carême : Dom Marc de Pothuau, o. cist., Père abbé de Hauterive (Suisse), et Frère Charles, profès à l'abbaye trappiste de Tamié (Savoie).  T. L.

Textes recueillis et sélectionnés par : Théophane Leroux, Antoine Pasquier et Samuel Pruvot


1.-  « Toute ma vie est un jeûne »

MT6, 1-6, 16-18 «Ton Père qui voit dans le secret te le rendra.»

Ce qui importe dans le jeûne, c'est la « mesure, y compris dans les privations ! »  Abba Poemen [un des premiers Pères du désert, Ndlr] enseigne en effet qu'il suffit de manger un peu chaque jour et de ne pas se goinfrer! C'est même pour lui la «voie royale qui est légère». Cet enseignement des Pères du désert m'aide beaucoup, car je ne me sens pas capable de me priver pendant des jours et des jours. Ne pas se goinfrer, c'est déjà bien ! Ce précepte rejoint ce que recommande Jésus dans l'Évangile du mercredi des Cendres. Car le jeûne, au final, ne concerne que Dieu. «Quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seu¬lement de ton Père qui est présent au plus secret. » Cela dit, le jeûne n'est pas attirant, même pour un moine ! Les paroles des Anciens sont justement là pour nous réveiller. Elles nous ramènent toujours à l'Évangile. Au combat spirituel. Un apophtegme me touche particulièrement à ce propos. On vient annoncer à un Ancien le début du Carême... Il répond que celafait cinquante ans qu'il ignore la date du début ou de la fin du Carême! « Toute ma vie est un jeûne», conclut-il. Cette réponse peut paraître effrayante. Moi, elle me redonne de l'élan. Pourquoi ? Il ne faut surtout pas confondre les Pères du désert avec des surhommes ou des champions de l'ascèse. Leur jeûne exprime simplement quelque chose d'essentiel dans la vie monastique. Et dans la vie chrétienne tout court. Aujourd'hui, ma vie devient un combat spirituel. «Toute ma vie est un jeûne»: cela veut dire une imi-tation du Christ au désert. C'est un idéal que tout le monde peut suivre.»  Frère Charles

2.-  « Prends un concombre et mange-Le»

Un jour, l'abbé Zénon, circulant en Palestine, fut pris de fatigue. Il s'assit près d'un plant de concombres pour manger; et la pensée lui vint: «Prends un concombre et mange-le. Qu'est-ce que cela peut faire?» Mais il répliqua à la pensée: «Les voleurs s'en vont au châtiment. Examine donc toi-même si tu peux supporter le châtiment.» S'étant levé,

il se tient en plein soleil durant cinq jours. Après s'être fait griller, il dit : «je ne peux supporter le châtiment.» Et il dit à sa pensée: «Puisque tu ne peux supporter
le châtiment, abstiens-toi de voler et de manger:»

3.-  Soixante-dix semaines de jeûne

On disait d'un Ancien qu'il passa soixante-dix semaines en ne mangeant qu'une fois la semaine. fi demandait à Dieu l'interprétation d'une parole de l'Écriture, et Dieu ne la lui révéla pas. Il se dit: «le vais aller chez mon 'Frère pour l'interroger:» Comme il fermait la porte derrière lui, un ange du Seigneur lui fut envoyé: «Les soixante-dix semaines où tu as. eûné ne t'ont pas approché de Dieu; mais lorsque tu t'es humilié en partant chez ton frère, j'ai été envoyé pour t'annoncer le sens de cette parole.»

4.-  Le petit pois vert...

L'abbé Agathon marchait avec ses disciples. L'un d'eux, trouvant sur la route un petit pois vert, dit au vieillard: «Père, veux-tu que je le prenne?» Étonné, le vieillard
le regarda et lui dit : «Est-ce toi qui l'as posé là?» Le Frère répondit : «Non. » Le vieillard dit : «Comment donc veux-tu prendre ce que lu n'as pas posé?»

 

DIMANCHE  Être tenté nous montre nos limites »

Lc4, 1-13. «Il fut conduit à travers le désert où ll fut tenté.»

Un apophtegme affirme que «les tentations sont le signe distinctif du moine ». Qu'est-ce que cela veut dire ? Que le «ministère» des moines, c'est d'aller combattre les démons au désert. C'est très important de noter que, dans cet Évangile, c'est l'Esprit Saint qui conduit Jésus au- devant du Tentateur: «Dans l'Esprit, Il fut conduit à travers le désert où, pendant quarante jours, Il fut tenté par le diable. » C'est très paradoxal... Mais plus on est tenté, plus on se trouve sur la bonne voie ! Tout le monde peut en faire l'expérience. Être tenté, cela nous montre nos limites. Cela nous apprend à mieux nous connaitre. Notre faiblesse ne doit pas nous déprimer, parce que nous sommes capables de vaincre... Grâce à Jésus.

Au désert, on ne combat pas contre des idées, mais contre quelqu'un: le Satan. Quelqu'un qui existe ! Cela peut nous faire peur. Les Pères du désert nous enseignent que le Christ est toujours présent à nos côtés: c'est Lui qui combat en nous et pour nous contre le Diable. C'est la belle histoire d'un certain abba Élie qui tressait des cordes. Une horde de démons venait sans cesse disperser son ouvrage. À un moment, Élie finit par crier vers le Ciel : «jésus, viens à mon aide!» À l'instant même, les démons disparaissent. Élie interroge Jésus : «Pourquoi n'es-Tu pas venu plus vite?» Jésus lui répond : «C'est toi qui as été négligent car dès que tu m'as cherché, tu as vu comment je me suis trouvé près de toi!»

Cela ne veut pas dire que notre «labeur» quotidien — notre peine contre les tentations — soit vain. L'abbé Jean Colobos explique que c'est «par les combats que l'âme progresse». On se réalise surtout dans la lutte et les épreuves. Poemen enseigne même aux chrétiens qu'en l'absence de tentation, il n'y a pas de «repos». Pas de paix intérieure. Évidemment, dans tous nos combats, il y a beaucoup de défaites ! La défaite, c'est mon péché. Mais, je le répète, j'ai la certitude de pouvoir gagner contre le Démon. Un apophtegme dit qu'un Ancien a lutté pendant vingt ans contre la même pensée... Mais, à la fin, il a été vainqueur par sa patience.

Pourquoi les paroles des Anciens sont-elles toujours aussi percu¬tantes? Parce qu'elles ont été vérifiées par les tentations. « Celui qui n'a pas été éprouvé n'est pas sûr », précise un apophtegme. Ceux qui ont déjoué pendant toute leur vie les manoeuvres du Diable peuvent ensuite aider les autres à s'en sortir. À l'école de Jésus, les Pères montrent que le meilleur remède contre les tentations reste la prière. À chaque attaque du Démon, Macaire conseille simplement de «se jeter en présence de Dieu ».• Frère Charles

5.-  «N'abandonne pas cet endroit»

Les Pères disaient: «S'il t'arrive une tentation dans l'endroit où tu habites, n'abandonne pas cet endroit au moment de la tentation, sinon partout où tu iras, tu trouveras devant toi ce que tu fuis. »

6.-  Un Frère fut violemni" de la luxure. Quatre d en femmes très belles quarante jours pour Il résista courageusem voyant son beau coma voir aucune ardeur ch

7.-  Un Frère fut tenté durant neuf ans

Un Frère fut tenté par ses pensées durant neuf ans, au point de désespérer de son salut. Découragé, il se condamnait lui-même et disait : «/'ai perdu mon âme, je vais dans le monde.» Comme il s'en allait, une voix lui vint durant la route: «Les neuf années durant lesquelles tu as été tourmenté étaient tes couronnes, retourne
à ta place et je te délivrerai de tes pensées.»

8.-  «Comment supportes-tu ces enfants ?»

Des Frères vinrent chez un Ancien et ils trouvèrent à l'extérieur de son ermitage des enfants qui prononçaient des paroles indécentes. Ils lui dirent: «Comment supportes- tu ces enfants, et ne leur ordonnes-tu pas de ne pas crier ainsi?» L'Ancien leur dit: «Si je ne supporte pas ce petit ennui, comment supporterai-je une grande tentation si elle me survient?»

9.-  Une fumée sortit de sa bouche

Un Frère irrité contre un autre se tint en prière pour demander d'être patient à son égard et d'obtenir que la tentation passât sans lui causer de dommage. Aussitôt, il vit une fumée sortir de sa bouche.


10.-  «IL demeura ainsi dans cette puanteur»

Un Frère luttait à Scété; l'Ennemi lui rappela le souvenir d'une femme très belle et le tourmenta beaucoup. Par un effet de la Providence, un autre Frère, venant d'Égypte à Scété, lui dit, tout en parlant, que la femme d'un tel était morte. Or c'était celle contre laquelle il luttait. Ayant su cela, il prit sa tunique, s'en alla de nuit, ouvrit son tombeau, essuya le pus du cadavre avec sa tunique et rentra ainsi dans sa cellule. Il avait cette puanteur près de lui et combattait ses pensées en disant: « Voilà la convoitise que ru désirais, tu l'as, rassasie-toi.» Et il demeura ainsi dans cette puanteur jusqu'à ce que la lutte eût cessé.

 

DIMANCHE  « La Transfiguration comble notre être »

Lc 9, 28b-36 «Celui-ci est mon Fils, Celui que j'ai choisi: écoutez-Le !»

Le Christ apparait soudain avec un éclat étonnant. Son unité avec le Père transparaît à travers sa chair. « Qui me voir voit le Père», dira-t-H. Totalement ouvert au Père, Il en reflète la beauté, la gloire. Cette beauté habite tout le créé. Dieu vit que cela était beau. Dieu Lui-même l'admire aux premiers jours de la Création : Que c'est beau! Un visage admiratif est admi¬rable. Dieu est beau de cette beauté-là, fraiche et naïve, mais l'homme ne la voit pas. Il ne perçoit plus l'émotion qui saisit Dieu devant sa créature. Alors il a souvent ce visage éteint de celui qui ne perçoit plus rien.

Sur la montagne, les Apôtres voient donc le visage de jésus, saisi par cette beauté divine. C'est le visage du Fils dans sa relation au Père, c'est-à-dire dans cette écoute confiante qui ira jusqu'à l'obéissance de la Croix : son départ réalisé à Jérusalem. Or devant ce visage, éclatant de son adhésion au Père, les Apôtres sont effrayés. Pierre parle sans trop savoir quoi dire à ce Jésus qui est splendeur du Père et écoute du Père. Jésus, Lui, est silence et lumière, paix et communion. Alors la voix du Père se fait entendre pour les inviter à entrer dans l'intimité de l'écoute filiale: «C'est Lui mon Fils, celui que j'ai choisi, écoutez-Le. »

Un apophtegme rapporte que «trois Pères avaient coutume d'aller chaque année chez le bienheureux abba Antoine. Les deux premiers l'interrogeaient sur leurs pensées et sur le salut de rame; mais l'autre gardait toujours le silence, ne posant aucune question. Au bout d'un long temps, abba Antoine lui dit: "Voilà bien longtemps que tu viens ici, et jamais tu ne m'as interrogé." L'autre répondit: "Une seule chose me suffit, Père, c'est de te voir"»

Nous retrouvons ce même éclat, qui est pourtant propre au Christ. Il traverse Antoine, car celui-ci respirait le nom de Jésus. L'ermite vivait dans cette écoute qui est adhésion au Christ. Et celui qui l'écoutait pouvait lui-même entrer sans un mot dans cette lumière de la Transfiguration. La lumière divine qui nous comblera au Ciel a commencé de briller. Elle se répand à travers cette humanité que jésus nous donne en partage. Elle continue de briller à travers les disciples de jésus, la sainteté de l'Église.

L'apophtegme montre que la lumière de la Transfiguration comble tout notre être. Si Pierre continue de questionner, c'est qu'elle lui est encore extérieure. Elle l'éblouit plus qu'elle ne le transforme de l'intérieur comme le fera après la Résurrection le don de l'Esprit. Il est difficile de se taire, de faire silence et d'écouter ! Dieu le sait. C'est pourquoi Il ne nous donne pas seulement son Verbe. Il nous donne aussi l'écoute de son Fils pour entendre sa voix. Il n'a pas seulement brillé, Il nous a aussi donné les yeux de son Fils pour la percevoir. Par son incarnation, Jésus a adopté une humanité afin qu'elle puisse percevoir Dieu et adhérer à sa beauté. Il a habitué l'humanité à vivre dans le Père. Puis II nous transmet cette humanité par le souffle de la Pentecôte, pour que nous l'exercions. Jésus veut main¬tenant écouter en nous, voir par nos yeux, toucher et sentir par nos mains. Jésus veut vivre en nous sa paix et sa beauté : son union au Père.  Dom Marc


11.-  «La parole de Dieu amollit notre coeur»

À quelqu'un qui l'interrogeait sur la dureté de coeur, abba Poemen a répondu : « La nature de l'eau est tendre, celle de la pierre est dure; mais si l'eau coule constamment en goutte à goutte sur la pierre, elle la creuse peu à peu. De même, la parole de Dieu amollit notre coeur endurci. L'homme qui entend fréquemment la parole de Dieu laisse son coeur s'ouvrir à la crainte de Dieu.»

 

12.-  «Sans souci de parler»

Abba Ammon de Rhaïtou interrogea abba Sisoès: « Lorsque je lis l'Écriture, mon esprit met tout son soin aux mots, afin que j'aie quelque chose à dire si on m'interroge. »

Le vieillard lui dit: «Ce n'est pas nécessaire; il vaut mieux acquérir pour toi-même, par la pureté de l'esprit, et d'être sans souci de parler»

 

13.-  «Une occupation intérieure selon Dieu»

Un Frère interrogea abba Arsène pour entendre de lui une parole, et le vieillard lui dit: «Autant que tu le peux,
fais effort pour que ton occupation intérieure soit selon Dieu, et tu vaincras les passions extérieures.»

14.-  «Le cri d'un coq»

Un jour qu'abba Isaac était assis chez I'abba Poemen, on entendit le cri d'un coq. Il lui dit: «Ily a donc cela ici, abba ?» Le vieillard lui dit: «Isaac, pourquoi me forcer
à parler? Toi et tes semblables, vous entendez cela. Mais celui qui est vigilant n'en a nul souci.»

15.-  « Interroge ton père»

Il dit encore: «je connais des moines qui, après avoir supporté beaucoup de peines, sont tombés et sont allés jusqu'à l'orgueil de l'esprit parce qu'ils avaient mis leur espérance dans leurs œuvres et avaient négligé le précepte de celui qui dit: "Interroge ton père et il t'enseignera."»

16.-  «Deviens un mort»

Un Frère vint trouver abba Macaire l'Égyptien et lui dit: « Abba, dis-moi une parole afin que je sois sauvé.» Et le vieillard dit: «Va dans le cimetière et injurie les morts.» Le Frère alla donc, les injuria et leur jeta des pierres; puis ii revint l'annoncer au vieillard. Celui-ci dit: «Ne t'ont-ils rien dit?» Il répondit que non. Le vieillard lui dit: «Retournes-y demain et donne-leur des louanges. » Le Frère partit donc et les loua en disant: «Apôtres, saints et justes.» Et il revint vers le vieillard et lui dit: «Je les ai complimentés.» Et le vieillard lui dit: «Ne t'ont-ils rien répondu?» Le Frère dit que non. Le vieillard lui dit: «Tu sais quelles insultes tu leur as adressées, sans qu'ils te répondent, et quelles louanges, sans qu'ils te parlent; ainsi toi aussi, si tu veux être sauvé, deviens un mort; et comme les morts, ne compte ni le mépris des hommes ni leurs louanges, et tu pourras faire ton salut. »

 



DIMANCHE  « Reconnaissez-vous capables du pire »

Lc 13, 1-9 Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même.»

Nous vivons dans une ambiance de jugement perma¬nent, signe d'une profonde culpabilité. Nous sommes comme Adam, persuadés que Dieu arrive pour nous en faire baver; qu'il faut se cacher au plus vite puisqu'Il vient pour juger et châtier; qu'il faut se placer du côté des bons, et même du côté des juges, avec Dieu! Le jugement des autres consiste à se distancier d'eux. Le mal est chez eux. Nous sommes en sécurité dans le bon camp, celui de Dieu. Ainsi, quand ces Galiléens périssent tragiquement, les gens y voient un châtiment divin contre de grands pécheurs. Mais Jésus leur dit: « Vous périrez de mème si ne vous convertissez pas.»
Le Verbe s'est fait chair pour être reconnu comme n'importe quel pécheur. Il a bravé la distance et a pris sur lui le destin d'un blas-phémateur. Sur la croix, Il s'est fait péché, dira même saint Paul. Et II révélera en même temps le vrai Dieu, Celui qui ne juge personne mais pardonne à tous. Le Crucifié nous libère ainsi de la fausse image de Dieu héritée du serpent : un Dieu accusateur.

Un Père du désert, voyant quelqu'un pécher, pleura amèrement en disant : «Lui aujourd'hui et moi demain.» Il se sentait capable d'en faire autant. L'unique différence entre lui et le pécheur était l'occasion. Il pleura donc comme si c'était lui qui avait fait le mal, à l'image de Jésus innocent portant notre péché. Il ne rejette pas loin de lui le pécheur comme s'il risquait d'être contaminé. Il reconnaît en lui-même la racine du mal. Et, uni au pécheur, il se repent et se répand en larmes. Dans la douleur de sa conscience, il se tourne vers Dieu pour implorer sa miséricorde. Les larmes de son repentir sont comme un fruit, le signe que son âme est en vie, unie à Dieu et à tous ses frères, aussi pauvres soient-ils. Souvent, il faut être tombé soi-même pour vivre cela. Il faut le fumier de notre péché pour commencer à donner le fruit du vrai repentir, de la vraie conversion.

«Convertissez-vous, sans quoi vous périrez tous!» Terrible aver¬tissement ! Retournez-vous pour vous voir en vérité! Reconnaissez- vous capables du pire, sans quoi vous continuerez à vous croire justes, à vous auto-justifier, et surtout, à penser que Dieu est un juge aussi impitoyable que vous! Notre chute la plus grave fut la pre¬mière: d'avoir accusé Dieu de nous accuser. Et maintenant encore, le jugement des autres est la pire des chutes!  Dom Marc

17.-  Tristesse utile ou destructrice?
«// y a une tristesse utile, et il y a une tristesse destructrice. Le propre de la première, c'est de pleurer ses propres fautes, et de s'affliger de la faiblesse de ses proches, afin de ne pas déchoir de son propos et de s'attacher à la bonté parfaite. Mais il y a aussi la tristesse qui vient de l'Ennemi, pleine de folie, que certains appellent aussi dégoùt. Il faut donc chasser cet esprit, principalement par la prière et par la psalmodie.»


18.-  Priez jusqu'au dernier soupir

Les Frères lui demandèrent encore: «Père, quelle est, parmi les bonnes oeuvres, la vertu qui demande le plus d'effort?» Il leur répondit : « Pardonnez-moi, mais je crois qu'il n'y a pas d'effort plus grand que de prier Dieu. Chaque fois en effet que l'homme veut prier, ses ennemis veulent l'en empécher. Car ils savent qu'ils n'entraveront sa démarche qu'en le déroutant de la prière. Quelle que soit la bonne oeuvre qu'entreprenne un homme, s'il est persévérant,
il y obtiendra du repos. Mais pour la prière, il lui faudra combattre jusqu'à son dernier soupir »

 

19.-  «Mes péchés coulent à flots derrière moi»

Un jour, un Frère commit une faute à Scété. Il y eut un conseil et on envoya chercher l'abbé Moïse. Mais il ne voulut pas venir. Le prêtre lui envoya donc dire: «Viens, car tout le monde t'attend. » Alors, s'étant levé, il s'en alla prendre une corbeille percée, la remplit de sable et l'emporta sur son dos. Les autres, sortis
à sa rencontre, lui dirent : «Qu'est-ce que ceci, Père?» Le vieillard leur dit: «Mes péchés coulent à flots derrière moi et je ne les vois pas, et je viens aujourd'hui pour juger des fautes d'autrui. » Ayant entendu cette parole, ils ne dirent rien au Frère, mais lui pardonnèrent.

20.-  Suivre La voie étroite

On interrogea abba Ammônas: «Quelle est la voie étroite et difficile?» ll répondit: «La voie étroite
et difficile est celle-ci: contraindre ses pensées et se dépguiller, à cause de Dieu, de ses volontés propres. Et c'est là aussi le sens de cette phrase: "Voici
que nous avons tout quitté pour Te suivre."».

21.-  «Convertis-toi !»

Abba Poemen a dit encore: «// y a une voix qui crie à l'homme jusqu'à son dernier souffle:
"Aujourd'hui, convertis-toi"»


22.-  Y mettre du sien...

Un Frère dit à abba Antoine: «Prie pour moi.» Le vieillard lui répondit: «/e ne te prendrai pas en pitié, ni Dieu non plus, si toi-même n'y mets pas du tien et ne supplies pas Dieu. »



DIMANCHE  « Ne pas juger trop vite »  LC15 1-3. 11-32 «Ton frère que voilà mort est revenu à la vie.»

Au début de cet Évangile, les pharisiens voient d'un mauvais oeil le fait que Jésus mange avec les pécheurs. Pourquoi Jésus fréquente-t-II des gens à la réputation si douteuse ?! Dans la parabole qui suit, celle du fils prodigue, le fils aîné ressemble aux pharisiens. Il ne supporte pas que Dieu puisse pardonner à un pécheur. Dans cette parabole, tout l'enjeu consiste pour les deux frères à vivre ensemble dans la même maison. Dans la vie fraternelle, il faut beaucoup de charité. Cela est très important aussi pour les moines qui vivent en communauté, les cénobites.

Dans cette parabole, Jésus nous enseigne à ne pas juger trop vite. Le fils aîné accuse son frère d'avoir dépensé tous ses biens avec des prostituées... En fait, il l'accable et exagère peut-être... Car, quand on juge son frère, on risque souvent de se tromper. Dans la vie commune, le plus dur, c'est de tolérer l'autre. C'est un exercice de tous les jours! Comment tolérer les manies de l'autre et tous ses tics ? C'est exactement le même défi dans la vie de famille. Je suis bien placé pour le savoir: nous étions quatre enfants à la maison... Une chose nous aide beaucoup au monastère, c'est le silence. En famille, on réagit souvent au quart de tour quand un proche nous dérange alors que, dans l'atmosphère monastique, on peut prendre un peu de recul.

Poemen conseille d'apprendre à «donner sa vie» pour les autres. Il ne s'agit pas d'être crucifié comme Jésus, mais de supporter au quotidien les petites blessures. Donner sa vie, ce n'est pas avoir de beaux sentiments envers les autres! Il faut un effort de volonté pour ne pas juger. Un apophtegme raconte que des Anciens s'étaient réunis pour juger un Frère qui avait péché. Pior gardait le silence.• Soudain, il se leva et mit un gros sac de sable sur son dos et un autre, plus petit, devant lui. Il expliqua aux Frères que le gros sac correspondait à ses propres péchés qu'il cachait derrière le dos pour ne pas les voir. Et le petit, aux péchés du Frère que l'on était en train de juger. Quand un Frère me scandalise — souvent pour des petits riens —, j'essaie de penser au sac à dos que je porte avec tous mes péchés. C'est aussi la morale d'une histoire attribuée à Paphnuce.

Dans un village, il croise des gens qui se comportent très mal. Au lieu de les juger, il s'accuse et prie à cause de ses proches péchés. Un ange lui apparait avec une épée et dit: «Ceux qui jugent leurs frères périront par cette épée, mais toi tu t'es humilié devant Dieu comme si c'était toi qui avais commis le péché. »
Moi non plus, je ne suis pas si innocent que ça... Je suis un homme, je suis faillible et je suis capable du pire. C'est très humiliant pour moi, mais cela me rapproche quand même de la vérité de notre situation. Il n'y a pas d'homme hors de l'humanité, si grave soit son péché, il n'y a pas de « monstre »... Nous sommes tous des pécheurs qui avons besoin de la miséricorde de Dieu.

Abba joseph conclut en se demandant : «Qu'est-ce qui peut nous procurer' du repos en ce monde?» Il faut selon lui se poser la question : « Qui suis-je?», et ne jamais juger. Quand je suis tenté de juger, ce conseil d'abba Joseph m'aide à me remettre à ma juste place. Je me regarde moi-même — et mon gros sac de sable ! — plutôt que de juger les autres.  Frère Charles


24.-  Gare à La vaine gloire
Un Ancien a dit: « Vis-à-vis de ton frère, il ne faut pas que tu te dises en ton coeur: "Je suis plus observant
ou plus mortifié que lui"; mais sois soumis par la grâce du Christ, en esprit de pauvreté et de charité sincère, afin que l'esprit de vaine gloire ne te fasse pas perdre ta peine. 11 est écrit en effet: "Celui qui semble se tenir debout, qu'il prenne garde à ne pas tomber!"
(1 Co 10, 12). »

23.-  «Justifie ton frère»

Un Frère était fâché contre un autre Frère qui, l'apprenant, vint lui demander pardon. Mais il ne lui ouvrit pas la porte. L'autre alla donc chez un Ancien
et lui dit l'affaire. Et l'Ancien répondit: « Vois s'il n'y a pas de la prétention dans ton cœur, comme de blâmer
ton frère ou de penser que c'est lui qui est responsable. Tu te justifies toi-même, et c'est pour cela qu'il n'est pas incité à t'ouvrir: Aussi bien, voici ce que je re dis: même si c'est lui qui a péché contre toi, va, mets dans ton coeur que toi, ru as péché contre lui, et justifie ton frère;
alors Dieu le persuadera de se réconcilier avec toi.»


25.-  «Je n'ai pas jugé un homme»

Il y avait un Frère de Pharan du nom d'Arétas qui était un peu relâché dans sa vie monastique. Quand il fut sur le point de mourir, quelques Pères étaient assis autour de lui. Et son Ancien le voyant partir du corps avec joie et allégresse, et voulant édifier les frères, lui dit: «Frère, crois-le, nous savons tous que tu n'étais pas trop zélé pour l'ascèse; et comment t'en vas-tu ainsi avec contentement?»

Le Frère lui dit: «Crois-moi, Père, tu dis la vérité. Néanmoins, depuis que je suis devenu moine, à ma connaissance, je n'ai pas jugé un homme, mais sur-le-champ, le jour même, je me suis réconcilié avec lui. Aussi j'ai l'intention de dire à Dieu: "Tu as dit, ô Maître: Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés, et: Pardonnez et il vous sera pardonné". »

Tous furent édifiés, et l'Ancien lui dit: «Paix à toi, mon enfant, car toi tu seras sauvé même sans labeur »


26.-  Soixante-dix-sept fois sept fois

Un Frère demanda à abba Poemen: «Si l'homme tombe dans quelque péché et se convertit, obtiendra-t-il le pardon de Dieu?» L'Ancien lui dit: «Assurément Dieu, qui a commandé aux hommes de pardonner, ne le fera-t-ll pas Lui-même davantage? Il a commandé en effet à Pierre de pardonner jusqu'à soixante-dix-sept fois sept fois. »

27.-  Ni méchanceté ni aigreur

L'abbé Hypéréchios disait: «Arrache ton prochain à ses péchés dans la mesure où cela t'est possible, sans gronderies, car Dieu, Lui, ne repousse pas ceux qui se convertissent. Ne souffre en ton coeur aucun mot de méchanceté ou d'aigreur contre ton frère, afin de pouvoir dire: "Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés". »


28.-  Dieu en lui ou en moi?

Un Ancien a dit: «Ne méprise pas celui qui se tient à côté de toi; car tu ne sais pas si l'Esprit de Dieu est en toi ou en lui. »


DIMANCHE  Un chemin de Salut pour tous »

JN8 1-11 «Moi non plus, je ne te condamne pas.»

Un apophtegme rapporte qu'un ermite devint un évêque magnanime qui supportait les fautes de tous. Un jour, il remit au lendemain le blàme de son éco¬nome négligent. Les adversaires de l'économe vinrent donc chez l'évêque pour l'exciter contre celui-ci. L'apprenant, l'évêque se cacha quelque part et, quand ils arrivèrent, les autres ne le trouvèrent pas. Apprenant de ses familiers où il se cachait, ils le trouvèrent et lui dirent: «Pourquoi t'es-tu caché ?» Il dit: «Parce que ce que j'ai demandé à Dieu et obtenu de réussir pendant soixante ans, vous voulez m'en dépouiller en deux jours. »

On est scandalisé de voir un responsable qui n'intervient pas sur un fautif et met en péril les biens de l'Église. Les pharisiens sont scandalisés par Jésus qui pardonne aux pécheurs ou à cette femme dont l'adultère est un danger pour les familles et la société. Jésus sait qu'Il risque autant qu'elle la lapidation. Jésus est comme le Père, Il n'intervient pas assez contre les méchants! Effectivement, Dieu ne juge pas les hommes, Il ne les accuse pas, car [I gouverne le monde: Il ouvre un chemin de Salut pour tous. Il offre à chacun une chance de conversion, même à celui qui juge, et aussi à celui qui juge Dieu d'irresponsabilité ! Car il est aussi grave pour le pécheur de rester dans son péché qu'à celui qui se croit juste de rester dans son jugement. « Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la première pierre. » Tous retournent en eux-mêmes et se repentent pour emprunter le chemin du Salut offert à tous.

L'évêque fait de même. Il fuit, détournant sur lui les accusations, pour n'accuser personne sous la pression des autres. Il serait scandaleux que l'évêque évite ses responsabilités pour protéger sa vertu. Mais quel est le bien le plus précieux de l'Église? La conscience que Dieu a accepté l'humiliation de la croix pour nous
manifester son amour qui ne juge pas. Sa mission consiste à chercher le chemin du Salut pour tous. Éliminer cette femme adultère ne sauvera pas la société. Éliminer ce mauvais économe ne sauvera pas l'Église. L'évêque joue à cache-cache, Jésus accroupi fait des tas de sable, les gens sérieux se battent pour
les finances diocésaines ou pour la structure sociale reposant sur la famille. L'humilité patiente de Dieu, elle, s'approche délicatement de tout homme. Il n'est que glaise, il a besoin de retrouver confiance. Et Dieu trace pour lui le chemin du Salut. Dom Marc

29.-  Ni langue ni yeux ni oreilles

L'abbé Isaïe a dit de l'humilité qu'elle n'a pas de langue pour dire de quelqu'un qu'il est négligent, ou d'un autre qu'il a du mépris; qu'elle n'a pas d'yeux pour regarder les défauts d'autrui, ni d'oreilles pour entendre des choses nuisibles à l'âme, qu'elle ne se soucie de rien d'autre que de ses péchés; bien plus, qu'elle est pacifique envers tous les hommes à cause du commande¬ment de Dieu et non par amabilité.


30.-  «Je n'ai rien fait de bien, mais...»

Un jour, l'abbé Arsène fut assailli dans sa cellule par des démons qui le tourmentèrent. Ses serviteurs venant le visiter et se tenant à l'extérieur de la cellule l'enten-dirent crier vers Dieu et dire: «Ô Dieu, ne m'abandonne pas. je n'ai rien fait de bien en ta présence; mais dans ta bonté donne-moi de commencer. »a

31.-  L'agressé qui pardonne

Un moine fut blessé par quelqu'un. Il mit la main sur la blessure et se prosterna devant celui qui l'avait frappé.


32.-  Se considérer au-dessous de tous

On demanda à un Ancien: «Qu'est-ce que l'humilité? » Il répondit: «L'humilité est une oeuvre grande et divine. Et le chemin de l'humilité, ce sont les peines corporelles et le fait de se considérer soi-même comme un pécheur, au-dessous de tous.» Et le Frère dit : «Qu'est-ce que c'est: au-dessous
de tous?» Et l'Ancien dit: «C'est ceci: ne pas prêter attention aux fautes des autres, mais aux siennes toujours, et prier Dieu sans cesse. »


34.-  «Qu'est-ce que L'humilité?»

Un Frère ayant posé un jour à l'abbé Isaïe cette question: «Qu'est-ce que l'humilité?», le vieillard lui répondit: «L'humilité, c'est se considérer comme plus pécheur
que tous les hommes et se mépriser comme ne faisant rien de bon devant Dieu. L'ouvre de l'humilité, c'est se taire, ne s'estimer soi-même en rien, ne pas disputer, être soumis, regarder à terre, avoir la mort devant les yeux, ne pas mentir; ne pas dire de paroles vaines, ne pas contredire celui qui est supérieur, ne pas vouloir imposer son avis, supporter l'insulte, haïr le bien-être, se faire violence en tout, veiller à retrancher la volonté propre, n'irriter ni n'envier personne.»

On demanda à un Ancien: «Qu'est-ce que l'humilité? » Il répondit: «L'humilité est une oeuvre grande et divine. Et le chemin de l'humilité, ce sont les peines corporelles et le fait de se considérer soi-même comme un pécheur, au-dessous de tous.» Et le Frère dit : «Qu'est-ce que c'est: au-dessous de tous?» Et l'Ancien dit: «C'est ceci: ne pas prêter attention aux fautes des autres, mais aux siennes toujours, et prier Dieu sans cesse. »


35.-  «Un caillou dans la bouche»

On disait de l'abbé Agathon qu'il passa trois ans portant un caillou dans la bouche, jusqu'à ce qu'il ait appris à se taire.

 

DIMANCHE  « Même les pierres crieront » LC 19, 28-40 «Gloire au plus haut des Cieux ! »

Le Christ, touchant déjà au soir de sa vie, arrive à Jérusalem où Il sera crucifié. Sa mission va être humainement un échec total. Il le sait, même si la Ville sainte L'acclame aujourd'hui. L'espace d'un instant, tout semble réussir.

Mais Lui passe à travers cette fouie et accepte l'acclamation exactement comme II acceptera les crachats lorsque ses disciples L'auront abandonné dans quelques jours. Jésus a une mission, mais II n'a pas un projet: «Il faut que le monde sache que j'aime le Père et que je fais comme le Pére me l'a com-mandé», dira-t-Il (ln 14, 31). Sa mission est d'être en communion avec son Père et de nous y faire entrer; de nous offrir son « oui » confiant à tout ce que le Père Lui donne; de nous ouvrir à son action de grâce, son « merci » constant, confiant et profond. Dans l'humble force de l'Esprit Saint, sa respiration est louange du Père. Même dans son agonie, Jésus sera «oui » en acceptant de sentir le dégoût de la mort. Même là, Il dira « oui » au sentiment du « non » que tous nous sentons devant notre anéantissement.
Un apophtegme illustre cela. Abba Sisoès dit à un Frère: «Comment vas-tu?» L'autre répondit: «le perds les journées, Père. » Et le vieillard dit : « Moi, même si je perds une journée, je rends grâce. » Souvent, nous avons cette désagréable impression d'avoir tout raté à la fin de la journée. Raté quoi ? Notre projet. D'avoir perdu notre temps, ce temps qui nous appartient et que l'on veut précieusement mettre au service de notre réussite — enfin, de celle de notre beau projet. En général nous sommes des idolâtres, des adorateurs de notre projet. Nous nous arrogeons un pouvoir sur le cours des choses et surtout sur le temps.

Sisoès, quand il est déçu car son projet est raté, est encore capable de rendre grâce. Il se convertit, il se retourne humblement vers celui qui lui «donne le mouvement, la vie et l'être», pour Le remer-cier. Il quitte son idolâtrie pour se placer en position d'adoration. Il lâche ses prétentions et devient accueil et gratitude.
Toute l'intériorité du Christ est eucharistie, constante action de grâce. Tous les jours je peux rendre grâce avec Lui. le peux avoir raté ma journée, ma semaine, mon année, ma carrière et ma vie tout entière, Jésus m'invite au festin, Il a tout préparé, il ne manque que moi, ma joie d'être aimé. Il a peut-être juste besoin d'un âne comme pour me laisser encore un rôle à ma mesure !

À chaque instant, le Fils m'invite à entrer dans son eucharistie, sa louange du Père qui habite toute la Création... Même «les pierres crieront».  Dom Marc

 

36.-  La perfection est dans La Croix

L'abbé Marc a dit : «La loi de liberté enseigne toute vérité, et nombreux sont ceux qui la lisent par simple connaissance, mais peu la comprennent à proportion de l'accomplissement des Comman¬dements. Ne cherche pas sa perfection dans des vertus humaines, car personne n'est parfait par ses vertus. Sa perfection, en effet, est cachée dans la croix du Christ. »


37.- Crucifier le vieil homme en nous

Un Frère demanda à l'abbé Isaïe une parole. L'Ancien lui répondit: «Si tu veux suivre Jésus, garde sa parole; et si tu veux crucifier avec Lui ton vieil homme, tu dois retrancher ceux qui te font descendre de la croix et te préparer à supporter le mépris, à apaiser ton cœur envers ceux qui te font du mal, à l'humilier, à dominer
tes volontés, et à imposer silence à ta bouche pour ne pas juger quelqu'un dans ton coeur»


38.-  Judas et le Bon Larron

L'un d'entre les Pères a dit: «Prends garde aux pensées et aux frères qui te louent et méprisent le prochain, car personne ne sait rien. Le larron était sur la croix et d'une seule parole il fut justifié (Lc 23, 42), et Judas, qui était compté au nombre des Apôtres, perdit en une seule nuit toute sa peine et descendit du ciel en enfer (Mt 26, 24).»

 

39.-  En pleurs au pied de la croix

L'abbé Isaac alla un jour chez l'abbé Poemen et, comme ils étaient assis ensemble, il le vit en extase. Il se prosterna et dit: «Où était ton esprit, abba ?» Le vieillard répondit: «Là où était sainte Marie en pleurant près de la croix du Sauveur, et moi, je voudrais toujours pleurer ainsi. »11

40.-  «Pas une maison qui ne fût dans Le deuil»

Dieu, mon refuge

L'abbé Jean Colobos a dit: «le suis comme un homme assis sous un grand arbre et qui voit venir à lui beaucoup de bêtes sauvages et de serpents. Chaque fois qu'il ne peut leur résister, il court monter dans l'arbre et il est sauvé.
C'est ce que je fais, moi aussi: je suis assis dans ma cellule et j'observe les mauvaises pensées qui m'assaillent, et quand je défaille
devant elles, je me réfugie en Dieu par la prière, et je suis sauvé de l'Ennemi.»
Un Frère demanda à un Ancien: «Abba, dis-moi
une parole. » L'Ancien lui dit: «Quand Dieu frappa l'Égypte, il n'y avait pas une maison qui ne fût dans le deuil.»

«Il levait les mains au ciel en priant»
On disait de l'abbé Arsène que, le samedi soir, à la veille
du dimanche, il laissait le soleil derrière lui et levait les mains au ciel en priant, jusqu'à ce que la lumière du soleil réapparaisse devant lui. Alors, il s'asseyait.


Extraits tirés de FAMILLECHRETIENNE. N°2146 • SEMAINE OU 2 AU 9 MARS 2019

DMC

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Monica est africaine du Nord, berbère. Enfant, elle se lève la nuit pour prier

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Ecoutant le conseil de Juda (Gn 37, 27), les frères de Joseph ont vendu celui-ci pour vingt sicles d'argent à des

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RECONFORTER LES PRÊTRES FATIGUES

L'intention de ce mois « Pour que les prêtres qui souffrent de la fatigue et de la solitude dans leur travail pastoral soient aidés et consolés par l'amitié du Seigneur et de leurs frères. » nous invite à lever les yeux sur

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SAINT BERNARD par Angelin Maurice LOVEY

Celui qui entreprend d'écrire une vie de saint Bernard de Menthon se heurte immédiatement à des obstacles considérables propres à le rebuter, à le décourager d'aller de l'avant.

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QUI FUT LE PREMIER VOYAGEUR EUROPEEN A VISITER LE THIBET

L'honnêteté nous oblige à dire que les historiens sont loin d'être d'accord sur ce point.

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DEVOILONS-LUI NOS FAILLES

Lorsque je lisais les biographies des saints, quand j'étais enfant, ceux-ci m'apparaissaient comme des êtres parfaits, des héros ayant accompli des prouesses extraordinaires. Je m'en faisais un portrait tellement idéalisé qu'ils m'en devenaient inaccessibles. Avec le temps, j'ai compris qu'ils étaient, comme vous et moi, faits de chair et de sang. Pourquoi,

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LES FEUX DE L'AMOUR

Dans un livre-confession, l'ancien prêtre, désormais marié, revient sur son histoire d'amour. Un témoignage sincère, hélas calibré pour défrayer la chronique.

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CHRONOLOGIE HISTORIQUE, POLITIQUE ET RELIGIEUSE

Chronologie historique de la Chine politique et religieuse

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Tableau des présences des pères à la Mission du Tibet

(un X représente une année) – tiré du mémoire de licence de Frédéric Giroud – UNI Fribourg 1986 – complété par DMC

tableau-presence-2

 

DMC – 13.11.2012/nr

MISSION EN GENERAL

"VIVRE DE TELLE FACON QU'A MA SEULE FACON DE VIVRE ON PENSE QUE C'EST IMPOSSIBLE QUE DIEU N'EXISTE PAS".

COMPETENCES - POUVOIRS

LA DELEGATION DES POUVOIRS PAR L'ABBE-PREVÔT DU SAINT-BERNARD ET LE SUPERIEUR GENERAL DES M.E.P. : le statut des Chanoines dans les Marches du Tibet. (Tiré du mémoire de licence de Giroud Frédéric – UNI Fribourg 1986 – complété par DMC).

competences-pouvoirs

Premières personnes ayant pénétré au Thibet

En 1627, Stefano CACCELLA et Giovanne DE CABRAL

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SONO UN PO' FURBO

                           SONO UN PÒ FURBO (JE SUIS UN PEU « TORDU »)

 Qui a osé avouer cela, l’un de nous ?

 Un curé, un laïc ? Un évêque actuel ou futur ?

 Le pape ? Emérite ou le nouveau François ?

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HOMMAGE A L'AUTEUR DE "LA CROIX TIBETAINE"

Cher Jean-Louis,
Je suis certainement la personne la moins compétente pour vous rendre un petit hommage, en ce jour solennel de votre départ de la terre... mais mon coeur a fait un bond lorsque j'appris, par Daniel, notre ami de longue date, que vous étiez très malade...

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ARCHANGE MICHEL

L'ANGE DES BATAILLES

"Un fait remarquable s'est passé en juillet et août 1900, pendant le siège du Pé-Tang par les Boxers. Nous reproduisons ici le récit que Monseigneur Favier a fait à Paris le 5 avril 1901, en ce qui concerne le secours providentiel qu'il a reçu du Coeur de Jésus, de la Très-Sainte Vierge, de l'archange Michel et de la milice céleste.

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