TROIS MISSIONNAIRES MASSACRES AU THIBET (1905)

Dans leur dernier numéro nos Annales annonçaient le massacre au Thibet de M. Soulié; aujourd’hui elles ont à enregistrer le massacre de trois autres missionnaires : MM. Jules-Etienne DUBERNARD,  Henri Georges MUSSOT et Pierre-Marie BOURDONNEC.

Les détails que nous avons reçus touchant leurs derniers jours sont encore incomplets ; mais, tels que nous les possédons. ils montreront à nos lecteurs combien grand l’ut l’amour pour Dieu et les lunes, combien vives furent les angoisses, les souffrances et le courage des prêtres de la Société des Missions-Etrangères tombés au champ d’honneur de l’apostolat. C’est un spectacle attristant, fortifiant aussi, et bien fait pour élever le drue que celui de ces hommes, de ces hranrais, donnant leur vie pour continuer l’oeuvre des Apôtres, l’oeuvre de Jesus Christ.

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REFLEXION D’UN VIEUX SINO-THIBETAIN

J’apprécie beaucoup la somme des observations et des renseignements sur le mystérieux Thibet que nous livre dans ses ouvrages (une dizaine) l’érudite madame DAVID-NEEL. J’admire aussi l’endurance de la voyageuse, qui a largement dépassé l’âge des sports. Mais la désinvolture de l’auteur me déconcerte souvent et m’agace parfois.

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CROYANCES ET RITES POPULAIRES

Le peuple thibétain croit que notre monde est entouré de divinités et de démons, d’où la nécessité des rites pour les enchaîner, car il ne saurait être question de les détruire. A la moindre affaire, il lui faut donc consulter les sorts; les enfants eux-mêmes emmêlent leurs jarretières et les déroulent suivant un procédé connu d’eux, pour trouver une réponse à ce qui les embarrasse, comme ailleurs on joue à pile ou face…

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LA CHINE COMMUNISTE AU THIBET

Dans les derniers mois de 1948, par la chute de Moukden, toute la Mandchourie tombait sous le joug communiste. Durant les mois suivants, Peiping, Nomking, Shanghai tombaient à leur tour et la fuite des troupes nationalistes laissait libre l’entrée des provinces méridionales qui étaient minées par une propagande bien orchestrée.

Dans les Marches thibétaines, les chefs indigènes, sur l’ordre du Gouvernement nationaliste, dit-on, lancent leurs bandes à la curée. Au Kankounov, malgré une résistance acharnée, les troupes musulmanes déposent les armes. A Lhasa, on ne sait à quel Bouddhissat se vouer. Aux Indes même le Gouvernement de Delhi introduit ses agents au Bouthan et au Sikkim pour les rattacher plus étroitement à la cause commune. Se souvenant qu’une vieille prophétie a annoncé, il y a bien des années, que le 13° Dalai défunt serait le dernier, les lamas prêchent la guerre sainte. En réponse, la Chine rouge proclame sa volonté de libérer tous les peuples qui sont courbés sous le joug impérialiste.

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LAMASERIES THIBETAINES

Le centre de la vie religieuse au Thibet est la lamaserie : Cunba ou solitude. D’après cette définition, toute lamaserie devrait âtre construite dans un lieu solitaire. On les trouve assez souvent, il est vrai, soit à flanc de montagne, soit au sommet d’une colline, mais il n’est pas rare qu’elles s’étalent dans une vallée;: à proximité d’un village. La lamaserie, avec ses murs d’enceinte et ses bastions, forme une petite cité que domine le temple.

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MES SOUVENIRS DU PERE GORE

Souvenir du 13 mai 1952, le jour de mon saint patron, saint Robert Bellarmin: deux communistes en uniforme (policier et soldat) arrivent à la mission de Tchrongteu, certes pas pour me souhaiter «bonne fête» mais pour informer le Père Emery et moi-même que nous avons à quitter le pays le plus vite possible, en emmenant le Père André. 

Nous nous attendions à cette expulsion, ayant appris que les missionnaires de la vallée du Mékong ont été obligés de partir au mois de janvier.  Le coup est quand même rude. Le 13 mai prochain, nous allons non pas fêter, mais évoquer ce 40e anniversaire. Je pense qu’à l’époque j’avais 44 ans, ça ne me rajeunit pas et c’est à craindre que ma mémoire aura bientôt autant de trous qu’un fromage de Gruyère. 

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RACES NON CHINOISES DES MARCHES THIBETAINES DU YUNNAN

 Les Chinois rangent dans l’ordre suivant les races indigènes des Marches thibétaines du Yunnan : au sommet de l’échelle, les Mosso et Lamajen, assimilés qui peuvent aspirer, tout comme les Chinois, aux fonctions officielles. Viennent ensuite les Thibétains, Mantse au Setcboan, Koutsong au Yunnan. Au bas de l’échelle, les Loutse, synonyme de « simples », Khioutse , et Lissou qui représentent le dernier degré de l’humanité et se rapprochent de la bête.

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P. Francis GORE

Sur la photo prise en 1946 à Tsechung, l’on voit le P Francis GORE, le laïc Robert CHAPPELET, le P Ch. SIMONNET, le chanoine Angelin LOVEY et le frère Louis DUC.

Entré laïque au Séminaire des Missions Etrangères et après la réception des Ordres Mineurs, il est envoyé en 1906 au Collège Général de Penang pour finir ses études théologiques. Une loi militaire à effet rétroactif avait décidé les directeurs du Séminaire à anticiper le départ d’un groupe de minorés. Il reçut sa prêtrise le 7 août 1907 et fut affecté à la Mission du Tibet. Placé d’abord à Cha-pa, il fut ensuite, de 1914 à 1920, chargé du poste de Tatsienlu.

Envoyé à Yerkalo en 1920, il y travaille pendant dix ans, apprenant la langue tibétaine et menant des études approfondies sur la culture locale. De 1931 jusqu’à l’expulsion de Chine, le P. Goré fut en charge du poste de Tsechung. Administrateur actif, il n’en continua pas moins ses travaux linguistiques : il composa une grammaire tibétaine et révisa le dictionnaire franco-tibétain de Mgr Girardeau. Il fut ainsi nommé membre correspondant de la Société de Géographie de Philadelphie et de France. Après son expulsion des Marches en 1952, il fut affecté à la procure de Genève, puis se retira à Voreppe. Il mourut à l’hôpital de Voiron le 14 octobre 1954.

LA CHINE AU THIBET

Pour justifier ses droits à la couronne et consolider à la fois la secte et son trône, Lozang Gyatso a recours au dogme thibétain de la réincarnation : il prétend être l’incarnation de la divinité tutélaire du Thibet fondateur du royaume et les quatre premiers successeurs de Tsong Khaba dont les deux premiers deviennent eux aussi Dalai Lamas. Les superstitieux Thibétains que cette théorie flatte acceptent avec empressement une divinité pour roi.

Pour calmer les susceptibilités du lama de Trashilumbo son précepteur, le Dalai le déclare lui et ses prédécesseurs incarnation d’Amithaba. De la sorte, entre les deux chefs du lamaïsme existait la parenté qui, d’après le dogme bouddhiste existe dans le ciel occidental entre Amithaba et Avalokitesvara, Amithaba est l’un des Bouddhas célestes qui ne peuvent pas eux-mêmes sauver le genre humain. Ce rôle actif est dévolu à leurs fils spirituels. D’où le Dalai Lama, fils spirituel du lama de Trashilumbo devait s’occuper seul des choses de ce monde.

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DANS LE THIBET INDEPENDANT (6-13 SEPTEMBRE 1920)

A plusieurs reprises, le Gouverneur de. la province tibé¬taine voisine’ de Markhang (Bas-Khang), nous avait invité à Kiangkha, capitale de la province. Co fut pour répondre à son aimable invitation que mon collègue, le Père V. Nussbaum et moi, entreprîmes le voyage de Yerkhalo à Kiangkha, du 6 au 13 septembre 1920.

6 septembre. — Du plateau de Yerkhalo, nous descendons sur le bord du Mékong, au village de Gunra, dernier village mosso. Un peu au-dessus du village, un pont de corde reliait jadis les deux rives . du Mékong appelé ici Da kio ou La kio.

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FRANCIS GORE 1883-1954

La Mission du Thibet vient de perdre l’un de ses meilleurs ouvriers, le R. P. Francis Goré, vicaire général de Kangting, missionnaire au Thibet durant quarante-cinq ans !

Descendant d’une antique famille normande, mais dont certaines ramifications plongent dans la terre rude et mystique de Bretagne, le R. P. Goré naquit à Saint-James (Manche) le jour de Noël 1883, de parents foncièrement chrétiens, qui tinrent à souligner l’heureuse coïncidence en donnant au nouveau-né les prénoms de Francis-Louis-Marie-Noël.

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