ARCHANGE MICHEL

L'ANGE DES BATAILLES

"Un fait remarquable s'est passé en juillet et août 1900, pendant le siège du Pé-Tang par les Boxers. Nous reproduisons ici le récit que Monseigneur Favier a fait à Paris le 5 avril 1901, en ce qui concerne le secours providentiel qu'il a reçu du Coeur de Jésus, de la Très-Sainte Vierge, de l'archange Michel et de la milice céleste.

Pendant la dernière guerre de Chine, Mgr Favier et ses chrétiens, enfermés au Pé-Tang, se défendaient héroïquement contre les Boxers qui les assiégeaient. Le vaillant évêque de Pékin avait depuis longtemps conseillé à tous ses fidèles de réciter chaque jour des invocations au Sacré-Coeur de Jésus et à la Très-Sainte Vierge, en y joignant la prière à saint Michel qui se dit après la messe, et qu'il faisait réciter en commun dans ses écoles.

Le siège se prolongeait, et aucun secours humain n'était à prévoir, les vivres et les munitions commençaient à s'épuiser.

Mgr Favier demande avec plus d'insistance le secours du Ciel ; lui et ses chrétiens se consacrent solennellement au Sacré-Coeur de Jésus puis, quelques jours après, à la Très-Sainte Vierge ; mais ils n'obtiennent pas encore le secours du Ciel.
Les Boxers, toujours plus audacieux, s'approchaient de la cathédrale et criblaient de balles les chrétiens qui se montraient trop visiblement sur les remparts.

C'est alors que Mgr Favier se plaça offi-ciellement avec les siens, sous la protection de saint Michel, l'Ange des batailles.

A ce moment il se produisit un fait digne de remarque ; depuis ce jour, les Boxers dirigeaient leur feu vers le sommet de la cathédrale, où cependant on ne voyait personne et, pendant les cinquante derniers jours de siège, il en fut ainsi.

Mgr Favier ne douta pas que l'archange saint Michel ait manifesté ainsi son interven¬tion, mais il ne comprenait pas pourquoi les Boxers tiraient en l'air sans motif visible.

Le 15 août, les assiégeants se décidèrent enfin à changer de tactique car, voyant que les chrétiens ne se défendaient plus depuis longtemps et pensant que leurs munitions étaient épuisées, ils s'élancèrent pour- enfoncer les portes du Pé-Tang et égorger les assiégés ; mais, arrivés près de la citadelle, une force invisible les arrêta ; ils sentirent devant eux comme un obstacle invisible et cependant infranchissable.

Effrayés, ils s'enfuirent... C'est à ce moment qu'arrivèrent les troupes européennes.

Mgr Favier et ses chrétiens, délivrés de leur captivité, s'informèrent alors de la raison pour laquelle les Boxers, au lieu de tirer sur eux, visaient au sommet du Pé-Tang.
"Mais, leur dit-on, vous ne voyez donc pas ? Il y avait, en haut de votre église, une grande dame vêtue de blanc, près d'elle un guerrier armé de pied en cap ayant deux grandes ailes blanches et tenant une épée en main. Autour d'eux, une multitude de soldats vêtus d'habits blancs avec de grandes ailes blanches".

"C'était, dit Mgr Favier, la Vierge Marie, saint Michel, dont l'image est dans mes armes et la milice céleste qui venaient nous protéger et nous bénir". (Le récit de ces apparitions est relaté dans la Semaine religieuse de Vannes, n° du 26 janvier 1901)

Mgr Favier recueillit tant de témoignages sur ces faits remarquables, qu'il demanda et obtint de nombreuses signatures attestant l'authenticité de ces apparitions. Il fit voeu de bâtir, à Pékin, en l'honneur de l'Archange vainqueur, une chapelle qui sera le siège d'une confrérie du scapulaire de saint Michel.

Lors de son voyage à Rome, il s'entretint longtemps, avec sa sainteté Léon XIII, des faits miraculeux relatés plus haut et lui présenta les attestations qu'il avait recueillies. (Il n'appartient qu'à l'Eglise d'affirmer le caractère surnaturel de ces événements, Mais il est acquis que Mgr Favier et tous les siens ont obtenu du Ciel une protection des plus remarquables.)"