JOURNAL VOYAGE 2006

1. Tout d'abord, je t'informe que je n'ai quasiment pris aucune note et tout ce qui est transcrit ici l'est de mémoire et pourra au besoin être précisé, complété, voire corrigé.

2. La première escale en Chine a été la ville du "printemps perpétuel" à savoir Kunming, ville de plus de 3'800'000 habitants, à une altitude d'un peu moins de deux mille mètres.

C'est le Camellia Hôtel qui nous a reçu pour la 4ème fois et nous sommes toujours aussi bien reçus dans des conditions tout à fait honnêtes, et cela, à tous les niveaux. Tu trouveras, ci-joint, une copie des tarifs affichés, mais à mon avis il est possible d'obtenir des conditions moins onéreuses dans une annexe du Camellia Hôtel. Dans le prix de la chambre est compris un petit déjeuner copieux self service et à volonté pour un tarif de 10 yuan (pour comparer ces chiffres en francs suisses, il faut diviser par six).

Etant arrivé avec les derniers et étant reparti avec les premiers, je ne suis pas resté longtemps à Yunnanfu, mais il est possible de manger dans cette ville chinoise pour des prix avoisinants les 10 yuan, boissons comprises. Je ne me rappelle plus le nom de cet établissement mais il se trouve au sommet de la rue où se trouve l'Hôtel Camellia (East Dongfeng Road) soit en face de l'ancien Holiday Inn.

3. Puis un bus public grand standing nous a mené à Dali. Si la route qui nous permet de sortir de la capitale est extrêmement encombrée et en voie de construction, l'autoroute proprement dite est en assez bon état. En 5 heures / 5 heures 30 avec un arrêt pour midi, il te permet de rejoindre Cha Gua (ce que nous avions baptisé "New Dali"). Puis un taxi nous a mené à Tali proprement dit pour 40 ou 50 yuan.

Dali est devenu extrêmement touristique. Il y a vraiment énormément de monde en juillet/août. Il est possible de loger à côté de la cathédrale. La communauté chrétienne possède une vingtaine voire plus de lits. Tu t'annonces à la vieille petite soeur que tu as certainement déjà rencontré en 1993, elle s'appelle Marta. Elle a un âge canonique, sauf erreur 95 ans. mais a encore toute sa tête et est prête à te donner un coup de mains si nécessaire. Messe tous les jours à 6 h 00 sauf le dimanche à 9 h 00 !!

5. Tu trouveras, ci-joint, les coordonnées d'un hôtel très bien fréquenté et très bien équipé à des tarifs tout à fait honnêtes. Hôtel qui se trouve non loin du centre de Dali et réunit de nombreux globe-trotters. Enormément de monde venait pour le petit-déjeuner servi à l'occidentale self- service et à volonté pour un montant de 10 yuan.

6. Que ce soit pour aller dans la vallée du Nu Jiang (Salouen) ou la vallée du Mékong, il est nécessaire d'utiliser le bus et il faut automatiquement se rendre à Chagua.

Attention, il y a plusieurs stations de bus selon la direction ou le chemin que tu entends prendre. En d'autres termes, à 300 ou 500 mètres de la station principale, soit celle qui permet de prendre le bus pour Kunming se trouve la station pour les bus de la Salouen. Par contre, si tu entends aller dans l'autre vallée. soit pour aller à Weixi ou Shangrila (Zondiang), il te faut aller à la station portant sauf erreur le N° 8.

7. En 6 heures de bus, tu peux ainsi atteindre Liuku par une autoroute quasiment identique à nos autoroutes suisses et cela, sur un peu moins de la moitié du parcours.

Non loin de l'arrivée du bus, se trouve un hôtel que je n'ai point utilisé cette année. Les tarifs étaient sauf erreur de 80 à 120 yuan. Attention, possible d'avoir une chambre pour moins, mais c'est quasiment un dortoir ou des lieux louches.

8. Voulant rejoindre le groupe, je suis donc parti en taxi depuis Liuku étant donné qu'il n'y a pas de bus public l'après-midi. Ainsi, j'ai trouvé une charmante taxi-woman qui a été d'accord de me mener à Gongshan (ancien nom Tsekai) et suis donc arrivé dans la capitale du Nu Jang à plus de 20 h. L'église catholique se trouve à l'entrée de cette ville. En d'autres termes, à droite au bas de la pente. Là se trouve l'un des fils de Zacharie (Guy). La communauté chrétienne peut sans autre t'accueillir, ils ont plus d'une dizaine de chambres à deux lits et cela autour de l'église. Il faut faire attention la police se trouve non loin et est extrêmement curieuse. Le seul contrôle de police, contrôle d'identité, voire fouille, s'est fait tant en 2004 qu'en 2006 peu de temps avant l'arrivée à Liuku à un carrefour de route permettant d'aller également en Birmanie.

Depuis cette ville, où existe également une communauté protestante qui semble très riche extérieurement, il est possible de rayonner dans toute cette superbe vallée. Ainsi, à environ 2 heures, il est possible d'aller à Tchrongteu (en Chinois Pinzulo — chinois phonétique). A côté de l'église qui se trouve assez éloignée de la ville proprement dite, église qui vient d'avoir été reconstruite, la communauté chrétienne possède un lieu d'accueil d'une dizaine de chambres à deux lits et la chrétienne exploitant cet établissement te recevra avec le sourire. Tu pourras goûter du pain de seigle du lieu, voire le poulet baignant dans l'alcool du coin. Nous avons pu assister après la messe à une soirée avec les gens du coin qui avaient sorti leur plus beaux équipements, colorés et en peaux de toutes sortes d'animaux. Communauté très chaleureuse.

10. Si la route était encore assez bonne jusque-là, elle se détériore manifestement plus loin. Tout de même, une route caillouteuse et ressemblant à une mauvaise route forestière de chez nous, nous permet d'admirer les merveilles de la nature et en particulier une partie des gorges de la Salouen. Guy, le fils de Zacharie qui nous servait de guide, nous a montré où le Père Durand a été tué en 1865 en fuyant Bonga, tué qu'il a été en traversant la Salouen sur un pont de cordes. Un monument va être érigé à l'endroit où a reposé son corps.

11. Puis, nous sommes arrivés quasiment au bout du monde, à savoir Kionatong. Le chemin s'arrête devant l'église. Là se trouve un village quasiment composé de l'ethnie Nu (ou Loutse). Les habitants de ce village exclusivement agricole doivent manifestement avoir arrêté le temps et vivent encore comme nos paysans au début du 19ème siècle. Ils cultivent dans des endroits aussi pentus que le faisaient les gens d'lsérables (Valais-Suisse). La pauvreté et l'alcool étaient assez manifestes, mais l'accueil était manifestement aussi grand que leur coeur, c'est-à-dire assez énorme. Par contre, il était possible de comprendre certaines réactions des premiers missionnaires, tant concernant la propreté que l'odeur. Naturellement pas d'hôtel, ni de café ou restaurant, repas chez l'habitant, autour du feu qui se trouve au milieu de la pièce principale, voire unique.

12. Après Kionatong, à un peu moins d'une heure de marche, se trouve un autre village où existe également une communauté chrétienne. Comme au village précédent, tous les habitants ont embrassé la foi catholique. La tombe du prêtre chinois qui s'est occupé de cette communauté jusqu'en 1958 se trouve à une dizaine de mètres de l'église de Kionatong.

13. Retour en arrière jusqu'à la capitale du Nu Jiang. Je te signale que si, au moment où les missionnaires ont dû quitter les lieux, il y avait, sauf erreur, trois voire quatre églises, il y en aurait maintenant une quinzaine, dont plus de la moitié a été restaurée, voire reconstruite.

14. Puis, nous sommes passés sur l'autre rive pour nous rendre à Timalo. La route était en très très mauvais état et nous avons dû rebrousser chemin et prendre une autre route. Tout de même, avant d'arriver au village précité, nous avons pu visiter la nouvelle église de Aloulaga (en phonétique). Puis, plus loin, notre guide nous a montré la nouvelle église qui a été érigée il y a vraisemblablement une dizaine d'années en remplacement de celle détruite par les communistes lors de la révolution culturelle, église qui avait été construite par ton ami Bob, sauf erreur à Padan (non garanti).

15. A Timalo, nous avons été accueillis et reçus de manière "princière" par une des soeurs de Zacharie et toute la communauté (tout le village est chrétien) a participé à la messe célébrée par le Père Nicolas. La route carrossable se termine à cet endroit-là. C'est donc là que je les ai quittés.

16. Avec six chevaux, ils sont donc montés jusqu'à Bahang (appelé actuellement Pehalo) (non garanti). L'église et la communauté sont toujours aussi accueillantes qu'au moment où tu y es passé en 1993. Sans aucun doute, si tu prends du temps et si tu trouves un bon cheval, je suis sûr qu'elle t'y attend. Je regrette de n'avoir pas osé y aller.

17. Alors que le groupe de jeunes entreprenait de gravir le Col des "Bambous Jaunes" et du "Sila" avec toujours une demi-douzaine de chevaux, j'ai fait le tour jusqu'à Dali pour les rejoindre quatre jours plus tard à Deqin (via Shangrila).

18. Pour essayer de revenir un peu à l'aspect chronologique. il faut encore relever que nous avons rejoint, par un bus mis à disposition par les autorités politiques de la région, Weisi après un voyage de dix heures environ sur une route maintenant quasi entièrement goudronnée. Là, nous avons été reçus dans un "hôtel" tenu par une chrétienne sur une des rues principales de cette ville.

Là, nous avons été invités à souper au "stamm du parti" où nous avons été reçus par le Vice-Président (un Lissou), un responsable des affaires religieuses (un Lolo ou Yi). un instituteur (un Nashi), ainsi qu'une autre personne qui elle était de l'ethnie majoritaire (Han). Après avoir trinqué jusque tard dans la nuit et après leur avoir donné des cadeaux (couteaux suisses), ils se sont crus obligés de nous inviter le lendemain pour nous faire goûter la "tsampa". Le beurre qu'ils avaient mélangé avec le thé qui n'était ni rance, ni salé et le petit-déjeuner a été succulent.

19. Le lendemain, nous nous sommes rendus à Siao Weisi. Autour de l'église qui vient d'être restaurée se trouve des chambres permettant d'accueillir une vingtaine d'hôtes. Ce village est atteint en moins de deux heures. La petite communauté chrétienne réunissant pratiquement tous les habitants est très organisée et accueillante et les menus très appétissants (poule avec pattes et crête et naturellement frites ou rôsti).

20. C'est de là que le groupe de jeunes est parti pour gravir le Latsa, ce qu'ils ont fait en deux jours et pendant ce temps-là, je les ai rejoints par bus à Gongshan.

21. En traversant la chaîne de montagnes séparant le Haut-Nujang au Haut-Mékong, le groupe a atteint Tsedong où le chef de la communauté les a accueillis chez lui. Le groupe a pu utiliser (le dimanche) leur belle et immense église qui a été classée monument historique du Yunnan. Les chrétiens étaient très contents de recevoir le groupe et surtout de voir célébrer un prêtre qui leur rappelaient le Père Goré ou le Père Lovey.

22. La ville de Deqin s'est beaucoup développée. Pour gagner du temps, nous l'avons immédiatement quittée et avons rejoint Yerkalo de nuit, après, sauf erreur, cinq heures minimum de route. Je ne sais pas si les chauffeurs nous jouent la "trignoulette" ou pas, il est toujours plus ou moins délicat de passer la barrière servant de frontière entre la partie chinoise et la région autonome du Thibet. Comme certains chauffeurs trouvaient que c'était la seule solution pour faire augmenter les prix, nous avons dû prendre un taximan venant du village frontière proprement dit, personne nous garantissant à 90 % le passage sans souci. 

 23. Bien accueilli à Yerkalo dans une immense et belle église avec tout de même un curé "un peu constipé" pour ne pas dire plus. C'est lui-même qui nous mène pour souper au nouvel hôtel de Yerkalo qui se situe sur le bord gauche du Mékong, cet établissement possède même une piscine alimentée par des sources d'eau chaude.

"Pas un chat" lorsque nous sommes passés, mais il y a manifestement une volonté de faire venir les touristes. Cela a été encore plus manifeste au sommet du Col après Deqin où en 1999 il n'y avait que la lamaserie et des drapeaux de prières, maintenant il y a quasiment un petit village avec hôtel, terrasse, etc...

24. Lors du retour à Deqin, j'ai pu rencontrer mon ami italien. Celui-ci m'a introduit à ce qui sert d'archives ou de bibliothèque de la région. Là, dans une pièce de 5 m. sur 5 m. se trouvent, à mon avis, une grande partie ou la totalité des ouvrages laissés par les missionnaires, que ce soit ceux de Tsedong ou ceux de la Vallée de la Salouen. J'ai en tout cas vu toute une série de documents et livres propriétés des Pères Goré, Lovey, Lattion et même Emery. Moyennant finances, possibilité de demander une photocopie de n'importe quel document. Je n'ai pu que photocopier un document manuscrit du Père Goré.

25. Lorsque je les ai rejoints à Deqin, j'ai fait une escale à Zondiang (actuellement Shangrila). J'ai dormi au Thibet Hôtel, hôtel dont je connaissais l'adresse. Il est actuellement en très mauvais état et en rénovation. Possibilité de louer une chambre assez bien équipée, bien que l'eau chaude est quasi-inexistante, pour 40 à 80 yuan. Le trajet Chagua — Shangrila se fait en environ six heures. Le trajet Shangrila — Deqin, avec notamment quatre cols, dont deux à 3'500 mètres, un à 4'000 mètres et l'autre à 4'200 mètres se fait, lui, en environ sept heures.

26. Comme je te l'ai déjà indiqué, à Weisi proprement dit, il y n'y a que très peu de neige. Dans les environs, notamment Lilitipin, il y a de la neige pendant deux mois au maximum et cela, sauf erreur, en décembre — janvier.


Daniel Maurice Cipolla

 POPULATION-TIBETAINE-A-TCHRONGTEU

THIBETAIN DE TCHONGTREU - copie