ABUSEURS COMME LEUR COUVERTURE NE PEUVENT PLUS ÊTRE TOLERES

Le pape François a demandé une

étude approfondie, dans les archives du Vatican, sur le traitement du cas de l'ex-cardinal américain Theodore McCarrick, annonce un communiqué du Saint-Siège ce 6 octobre 2018 : les abus, comme leur couverture, « ne peuvent plus être tolérés et un traitement différent pour les évêques qui les ont commis ou qui les ont couverts représente en effet une forme de cléricalisme plus jamais acceptable ».

Les conclusions de l'enquête seront connues en temps voulu, quitte à dévoiler « des choix qui ne seraient pas cohérents » avec la politique actuelle de tolérance zéro, souligne le Vatican. Cette décision intervient un peu plus d'un mois après la lettre de l'ex-nonce aux Etats-Unis, Mgr Carlo Maria Vigano (26 août), mettant en cause le pape François et d'autres responsables de la curie dans le traitement de cette affaire.

Le Vatican entend poursuivre la ligne fixée par le pape François à Philadelphie en 2015, affirme encore la note : « Nous suivrons la route de la vérité, où qu'elle nous conduise. »

Rappelons que les premières sanctions officielles à l'encontre de l'ex-cardinal ont été prises le 28 juillet dernier : Theodore McCarrick, a présenté sa démission en tant que membre du collège des cardinaux et le pape l'a suspendu « de l'exercice de tout ministère public ». Il lui a aussi imposé "l'obligation de résider dans une maison qui lui sera indiquée, pour une vie de prière et de pénitence, jusqu'à ce que les accusations dont il fait l'objet soient éclaircies par un procès canonique régulier".

Voici notre traduction du communiqué du Saint-Siège publié ce jour.

Communiqué du Saint-Siège

Après la publications des accusations concernant la conduite de l'archevêque Theodore Edgar McCarrick, le pape François, conscient et préoccupé par l'égarement qu'elles causent dans la conscience des fidèles, a disposé que soit communiqué ce qui suit :

En septembre 2017, l'Archidiocèse de New York a signalé au Saint-Siège qu'un homme accusait le cardinal McCarrick d'avoir abusé de lui dans les années 70. Le Saint-Père a demandé à ce sujet une enquête préalable approfondie, qui a été réalisée par l'archidiocèse de New York et à la conclusion de laquelle la documentation a été transmise à la Congrégation pour la doctrine de la foi. Entre-temps, comme au cours de l'enquête avaient émergé de graves indices, le Saint-Père a accepté la démission de l'archevêque McCarrick du Collège cardinalice, en lui ordonnant l'interdiction de l'exercice de ministère public et l'obligation de mener une vie de prière et de pénitence.

Le Saint-Siège ne manquera pas, en temps voulu, de faire connaître les conclusions du cas qui implique l'archevêque McCarrick. En référence à d'autres accusations portées contre l'ecclésiastique, le Saint-Père a disposé d'intégrer les informations recueillies par l'enquête préalable avec une étude supplémentaire approfondie de toute la documentation présente dans les Archives des Dicastères et des Bureaux du Saint-Siège concernant le cardinal McCarrick, dans le but de vérifier tous les faits pertinents, en les situant dans leur contexte historique et en les évaluant avec objectivité.

Le Saint-Siège est conscient que, de l'examen des faits et des circonstances, pourraient émerger des choix qui ne seraient pas cohérents avec l'approche actuelle de ces questions. Cependant, comme l'a dit le pape François, « nous suivrons la route de la vérité, où qu'elle nous conduise » (Philadelphie, 27 septembre 2015). Aussi bien les abus que leur couverture ne peuvent plus être tolérés et un traitement différent pour les évêques qui les ont commis ou qui les ont couverts représente en effet une forme de cléricalisme jamais plus acceptable.

Le Saint-Père renouvelle son invitation pressante à unir les forces pour combattre le grave fléau à l'intérieur et à l'extérieur de l'Eglise et pour prévenir que de tels crimes soient encore perpétrés au détriment des plus innocents et des plus vulnérables de la société. Comme cela a été annoncé, il a convoqué les présidents des Conférences épiscopales du monde entier au mois de février prochain, tandis que résonnent encore les parole de sa récente Lettre au Peuple de Dieu : « Le seul chemin que nous ayons pour répondre à ce mal qui a gâché tant de vies est celui d'un devoir qui mobilise chacun et appartient à tous comme peuple de Dieu. Cette conscience de nous sentir membre d'un peuple et d'une histoire commune nous permettra de reconnaître nos péchés et nos erreurs du passé avec une ouverture pénitentielle susceptible de nous laisser renouveler de l'intérieur» (20 août 2018).

ZENIT du 7 OCTOBRE 2018

dmc